Que devient l'eau après utilisation?

Rédaction 20 Minutes

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Les eaux usées sont dépolluées dans les stations d'épuration avant d'être rejetées dans la nature.
Les eaux usées sont dépolluées dans les stations d'épuration avant d'être rejetées dans la nature. — F. Durand/Sipa

PARCOURS - Une fois utilisées, les eaux usées s’engouffrent dans le réseau d’assainissement pour subir différents traitements avant de retourner dans le milieu naturel.

Les eaux usées, qui proviennent de nos habitations (évier, WC, douche) ou des usines, ne peuvent pas être rejetées telles quelles dans le milieu naturel. Ces «eaux sales» doivent être dépolluées afin de ne pas souiller les cours d’eau et les sols.

«Un litre d’eau écoulé revient à un litre d’eau usée car cette eau contient des polluants, comme les détergents, les shampoings, la lessive, qui vont partir au tout à l’égout», explique Marillys Macé, directrice du Centre d’information sur l’eau (CIEAU).

Séparer les eaux usées des eaux de pluie

En agglomération ou à proximité, les particuliers bénéficient en général de l’assainissement collectif. Selon Emmanuel Adler, responsable du pôle Eaux et déchets de l’Ecole des ingénieurs de la Ville de Paris, «les eaux usées sont tout d’abord collectées dans des conduites».

Lorsque les habitations sont trop éloignées de ces réseaux de collecte, des systèmes d’assainissement individuels avec un traitement sur place des eaux usées prennent le relais.

Pendant la collecte, il arrive que les eaux usées soient mélangées avec les eaux de pluie.«Pour réguler au mieux ce flux, il existe des bassins de stockage capables de retenir temporairement des volumes d'eau importants.» soutient Bernard Loubière, responsable réseaux à la direction technique de Lyonnaise des Eaux.

Des eaux dépolluées

Une fois ces eaux sales collectées, elles sont transportées dans des réseaux d’assainissement puis envoyées dans une station d’épuration. Marillys Macé, qui préfère le terme de «station de dépollution», la dépeint comme une «gigantesque machine à laver». «Par un pré-traitement, l’idée est de se débarrasser rapidement des déchets volumineux, les sacs plastiques, le bois et des graisses. Ensuite, les pollutions sont mangées par des bactéries, à l'aide d'un traitement biologique et physico-chimique», continue Emmanuel Adler.

Les traitements physico-chimiques permettent d'éliminer environ 70% des matières en suspension. Des traitements complémentaires, destinés à éliminer l'azote et le phosphore, peuvent être utilisés selon les contraintes de qualité du milieu naturel où sont rejetées les eaux.

Des solutions naturelles également utilisées

Ces eaux sont dépolluées presque intégralement. C’est ce que confirme Raphael Filippetto, patron de la micro station d’épuration RFG-EAU: «Par un système de biodisque qui tourne sur lui-même, les bactéries sont éliminées pour donner une eau purifiée à 96%.»

Que deviennent ces résidus? «Lorsqu'ils existent, ces résidus biodégradables sont restitués au milieu naturel qui fait un travail d’auto-épuration», glisse Bernard Loubière. Sur l’ensemble du territoire français, on compte 370.000 km de réseaux et plus de 19.000 stations d’épuration.

Clémence Chopin

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