Retrouver la vue grâce aux yeux d’un autre

santé Atteint d'une maladie aux deux yeux, Nicolas Molders a pu bénéficier d'une greffe de cornée.

Christine Ludwig
Nicolas peut pleinement profiter du temps qu'il passe avec sa petite fille.
Nicolas peut pleinement profiter du temps qu'il passe avec sa petite fille. — 20 minutes - Magazine

Grâce au don de cornée, environ 5.000 aveugles et malvoyants retrouvent la vue chaque année. La cornée est ce mince tissu qui recouvre l’oeil. Lorsqu'elle est abîmée, elle devient opaque et ne laisse plus passer la lumière. La vue baisse alors petit à petit.

C’est ce qui est arrivé à Nicolas Molders. A 12 ans, ce niçois se fait diagnostiquer un kératocône, une maladie qui déforme la cornée. «J’avais peur de devenir complètement aveugle», se souvient ce père de famille, aujourd’hui âgé de 38 ans. «La cécité peut survenir en l’espace de 6 mois.»

Nicolas ne reconnaissait presque plus les visages des gens et avait perdu toute notion des dimensions. «C’était devenu difficile de me servir à boire. Je cassais beaucoup de vaisselle», sourit-il. Lire ou avoir une vie sociale normale était presque devenu impossible.

Il est alors placé sur liste d’attente pour bénéficier d’une greffe.«Le temps d’attente pour une greffe de cornée varie de 6 mois à 1 an. La répartition est gérée par des banques régionales de tissus», explique Isabelle Martinache, la responsable des prélèvements et des greffes de tissus à l'Agence de la Biomédecine.

« Ma vie a complètement changé »

Une première cornée lui est greffée alors qu’il a 17 ans, la deuxième à 21. Sous anesthésie locale, c’est une intervention qui dure une vingtaine de minutes. «Après l’opération, on peut voir les fils de suture sur l’œil du greffé. Il doit les garder le plus longtemps possible», raconte Isabelle Martinache.

Un moindre mal quand on retrouve la vue, comme c’était le cas pour Nicolas. «Ma vie a complètement changé. J’ai gagné une qualité de vie incomparable.» Nicolas a pu poursuivre ses études et devenir responsable informatique dans une entreprise d’impressions numériques. Aujourd’hui, il lui arrive de passer 10 heures par jour devant un ordinateur pour son travail.

Et cela ne lui pose aucun problème. «Je suis extrêmement reconnaissant envers la personne qui m'a légué ses cornées. C’est un service que je ne pourrai pas rendre en retour», regrette ce père de famille. En contrepartie, Nicolas s’investit dans des groupes de soutien aux personnes atteintes d’un kératocône.

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