Un œil sur la glycémie au fil des décennies

Rédaction 20 Minutes
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Au fil du temps, les moyens de mesurer sa glycémie sont devenus de moins en moins invasifs.
Au fil du temps, les moyens de mesurer sa glycémie sont devenus de moins en moins invasifs. — credit magazine

DANS LE RÉTRO – C’est une des maladies les plus anciennement connues et sa prise en charge a beaucoup évolué. Petit voyage dans le temps avec le docteur Michel Cahane, président de l’Aide aux jeunes diabétiques.

Une petite piqûre au bout du doigt, une analyse rapide et le tour est joué. Jour après jour, les personnes atteintes de diabète multiplient ce geste pour contrôler leur glycémie et mieux prendre soin d’elles.

S’il paraît aujourd’hui tout simple, ce contrôle a beaucoup évolué avec le temps. Rien d’étonnant: le diabète tient une place particulière dans l’histoire de la médecine. En 2000 avant Jésus Christ, en Inde, de observateurs évoquent déjà des «urines de miel», pour évoquer des mictions qui attirent les mouches et les fourmis.

Mesurer d’abord les urines…

L’étude de la glycémie, elle, est beaucoup plus récente. Et passe d’abord par des analyses d’urine. «Au début du XXe siècle, il fallait l’équivalent d’une transfusion de sang et une journée de travail pour analyser le taux de sucre dans le sang, confie le docteur Cahane. Dans les années 1950, on se servait donc prioritairement d’un clino réactif, une poudre blanche au centre de laquelle on faisait un petit cratère puis glissait une goutte d’urine. La couleur obtenue indiquait alors le taux de glucose dans le sang. Une autre poudre était utilisée pour mesurer le taux d’acétone.»

Avec les années 1970, la surveillance de la glycémie progresse encore, avec l’arrivée du Clinitest (mesure du glucose) et de l’Acétest (mesure de l’acétone). «On glissait dans un tube à essai un comprimé et une dizaine de gouttes d’urine pour obtenir une réaction chimique et un dépôt de couleur. Si ce dernier était beige, le taux de glucose était faible, s’il était en revanche bleu foncé, il était en revanche très élevé.»

La révolution de l’autopiqueur

Réalisé trois fois par jour, ce test permet aux diabétiques de suivre au plus près leur maladie. Enfin presque. «Il y a un décalage entre le glucose dans les urines et celui qui est dans le sang. D’où un manque de précision assez problématique...»

Les années 1980 et l’arrivée de l’autopiqueur vont changer cela. En se piquant le bout du doigt pour récupérer une goutte de sang analysée par un lecteur de glycémie, les personnes atteintes de diabète obtiennent enfin des informations plus fiables. «Cette innovation aura vraiment été une révolution dans l’auto-surveillance glycémique», confirme le docteur Cahane.

Les 35 années qui suivent marqueront le développement d’outils toujours fiables et moins douloureux. Jusqu’à l’avènement tout récent de nouveaux systèmes de mesure de la glycémie sans utilisation d’un auto-piqueur. «On place d’un côté un capteur sous la peau et de l’autre un petit cadrant qui indique le taux de glucose dans le sang. Cela demande cependant d’interpréter les données, puisque le taux de glucose est mesuré dans le liquide interstitiel.»

Pour l’heure cependant, explique le docteur Cahane, «ces dispositifs ne sont pas encore remboursés par la sécurité sociale».

Stéphane Albert

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