TENDANCE - Gravir des marches et arriver le plus rapidement possible au sommet: des athlètes du monde entier se lancent à l'assaut des tours les plus célèbres du monde. En ville aussi, les runners se mettent à la course d'escaliers.

1.665 marches, 279 mètres de dénivelé. C'était l'objectif à atteindre au pas de course, le 20 mars dernier, dans un escalier de prestige: celui de la Tour Eiffel. La Dame de Fer accueillait 60 athlètes pour la Verticale de la Tour Eiffel, une épreuve inédite organisée dans le cadre de l'Eco Trail de Paris 2015.

Arrivée deuxième sur le podium féminin, en 10 minutes et 22 secondes, la Française Christel Dewalle, participait pour la première fois à une épreuve en escaliers, par défi. «J'adore les courses de montagne, je me suis dit “pourquoi pas?”», explique l'athlète, qui présente déjà un beau palmarès: recordwoman du monde du kilomètre vertical, vice-championne de France 2014 de course de montagne et championne de France de trail court.

Monter au sommet de la Tour Eiffel en moins de 8 minutes

Piotr Lobodzinski, lui, connaît bien ce genre d'épreuve. Arrivé premier au sommet de la Tour Eiffel en 7 minutes et 50 secondes, il est un habitué des courses d'endurance. Montagne, cross, orientation, route, le Polonais a commencé par les classiques avant de participer, un peu par hasard, à sa  première course verticale, il y a quatre ans.

Depuis, il s'est élancé sur plus de 60 épreuves de ce type et suit un entraînement spécifique: «Je m'entraîne en escaliers une ou deux fois par semaine. Je fais des séries de 15 fois 10 étages ou 4 fois 38 étages, dans les escaliers de mon immeuble, d'un bâtiment d'affaires et même de l'hôtel Hilton», explique l'athlète, qui court par ailleurs 80 à 100 kilomètres chaque semaine.

160 courses d'escaliers dans le monde

Ces ascensions folles investissent les escaliers du monde entier. Il y a au total plus de 160 épreuves, selon le circuit mondial du «tower running». La mode a surgi aux Etats-Unis en 1978, lorsqu'une première course a été organisée dans le mythique Empire State Building, haut de 86 étages et de 1.576 marches. Depuis, elle a fait des émules. Les « tower runners » graviront ainsi les 2.049 marches de la tour Taipei 101 à Taïwan, le 3 mai prochain. Et le 29 mai, lors de la course Vertigo, ils partiront à l'attaque de la Tour First de la Défense et de ses 954 marches.

Si elle fait désormais l'objet de compétitions particulières, la course d'escaliers, idéale pour développer son endurance musculaire, s'est aussi imposée dans la préparation physique des coureurs professionnels. Les entraîneurs la préconisent même pour préparer un marathon.

Un exercice bénéfique aux amateurs

Mais cette pratique n'est pas réservée aux seuls sportifs expérimentés. Chez les runners amateurs, elle peut venir compléter des séances de course à pied. «Pour les débutants, c'est une bonne manière de se muscler en montée, particulièrement en hiver. Une séance de 30 minutes par semaine est suffisante», conseille Piotr Lobodzinski.

Sacré-Coeur, Buttes-Chaumont, gradins de stade, les spots ne manquent pas pour s'essayer à la course d'escaliers. Le runner peut aussi inclure du «tower running» dans sa session d'endurance ou s'en servir pour conclure son entraînement, sur une note dynamique, avec une montée juste avant de rentrer chez soi. La principale règle à suivre: contrôler son rythme et doser son effort jusqu'au sommet.