PORTRAIT – A 16 ans, la skateuse Laurine Lemieux cumule les titres et se projette déjà vers une carrière internationale.

Un nom de famille qui semble lui être prédestiné: Lemieux. Car Laurine, de son prénom, ne se se contente pas d'être «juste» une bonne skateuse. La jeune Havraise veut être la meilleure. Et à seulement 16 ans, elle truste les podiums de toutes les compétitions auxquelles elle participe. Triple championne de France en titre (street, bowl et rampe), elle s'est aussi offert son premier titre international à Marseille en juin dernier. Laurine s'est en effet imposée sur la Sosh Freestyle Cup, une étape du circuit Coupe du monde de bowl.

Ce souvenir restera à n'en pas douter indélébile, non seulement grâce à son sacre, mais aussi à cause d'une mauvaise chute. «Le risque de blessure, je n'y pense jamais et j'avais plutôt été épargnée jusque-là. Mais à Marseille je me suis ouvert la tête et j'ai fini avec 4 points de suture! Cela ne m'a pas empêchée d'être à nouveau sur mon skate juste après mon passage à l'hôpital», raconte-t-elle. Pas de quoi calmer les ardeurs de cette surdouée de la planche à roulettes, donc.

Un rêve de carrière aux États-Unis

Car Laurine ne compte pas en rester là. Elle ne cache pas son rêve de partir un jour aux Etats-Unis, la Mecque du skateboard. Elle espère y suivre les traces de Leticia Bufoni ou tenter une carrière comme celle promise à Alana Smith, ses deux rideuses préférées. «J'aimerais partir là-bas après mon bac, parce que je ne pense pas pouvoir vivre du skate en France. Ni même en Europe d'ailleurs! Et je voudrais pouvoir continuer à voyager un peu partout grâce à mon sport», confie-t-elle.

Un rêve qui semble à sa portée. «Pour l'instant, il est encore trop tôt. Et puis pour tenter sa chance là-bas, je pense qu'il faut un projet concret et des contacts. Mais elle est encore jeune et a tout le temps devant elle. Elle a clairement d'énormes capacités, elle est particulièrement à l'aise quand elle skate et surtout n'a pas peur de se lancer. J'ai rarement vu des filles rentrer des transferts aussi gros en bowl», reconnaît Joseph Garbaccio, l'un des meilleurs skateurs français, lui aussi originaire du Havre.

«Un gros potentiel en courbe»

«Elle a beaucoup de potentiel, surtout en courbe. Il faut dire qu'au Havre, elle bénéficie d'un bon terrain d'entraînement. Elle a aussi un caractère très fort et c'est une petite persévérante! Partir aux Etats-Unis serait une expérience géniale, autant au niveau de la multiplicité des skateparks que des rencontres qu'elle pourrait y faire. Il y a énormément de filles qui skatent là-bas. Ca la ferait progresser, c'est certain. Et puis elle pourrait peut-être être repérée», ajoute Pauliana Laffabrier, l'une des figures de proue du skateboard féminin en France.

Pour y arriver, Laurine sait en tout cas qu'elle pourra compter sur le soutien inconditionnel de ses parents, ses premiers supporters. «Ils m'ont toujours soutenue, que ce soit dans le skateboard ou autre chose. Quand je faisais du foot, mon père venait me voir à tous les matches pour m'encourager. Ils ont toujours cru en moi et ont toujours été fiers de mon parcours, avant même que je trouve mes premiers sponsors. C'est une chance», reconnaît la skateuse dont on n'a pas fini d'entendre parler.

Lauren Horky