TENDANCE - C'est une première mondiale. Quatre traceurs ont allié leur art du déplacement à l'exigence circassienne de quatre artistes issus de l'Ecole du Cirque du Québec lors de la Biennale des Arts du Cirque de Marseille, les 4 et 6 février dernier. 

Le mercure avoisine les 0 degré. Le ciel est bas et gris. C'est Marseille comme on ne la voit pas souvent. Pourtant, ils sont plus de 700 adultes et enfants, professionnels et curieux, sur 2 jours, a assisté à cette grande première artistique et urbaine. Pas de décor. Juste la cour de la Cité des Arts de la Rue à Marseille, un lieu totalement inhabituel pour une représentation. Le public ne sait pas vraiment à quoi s'attendre.

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T-shirts de couleurs et pantalons sombres, les freerunners de la French Freerun Family et les circassiens coordonnés par la circassienne Julie Tavert entrent en scène ou plutôt s'insèrent dans le décor d'un pas affirmé. C'est le début de 30 minutes de surprises, de prises de risque à couper le souffle.

Différences et points communs

Equilibres sur les rampes, plongeons dans le vide, rencontre de deux arts qui ont en commun finalement bien plus que la capacité de sublimer un espace, que ce soit un chapiteau ou les toits d'une ville. La vie paraît soudain dans ce décor de tôle et de béton. Pourquoi prendre l'escalier lorsqu'on peut l'escalader par l'extérieur? Pourquoi marcher lorsqu'on peut avancer en rondades?

Après une première rencontre à Mulhouse en juillet dernier, ils décident d'explorer en profondeur leurs ressemblances, mais aussi leurs différences, avec le soutien du Festival Scènes de Rue et l'agence des arts urbains La Fabrique Royale. La Biennale des Arts du Cirque les accueille dix jours en résidence pour une expérience hors du commun et loin d'être de tout repos. Confrontations évidemment, mais aussi points communs.

Deux univers qui de l'échauffement à la représentation appréhendent le mouvement et l'acrobatie différemment. Les circassiens savent créer un rapport avec le public, les traceurs sont plus dans le performing. Ils savent s'alourdir et se rendre léger que ce soit sur une bascule ou sur un toit. Leurs techniques différentes se sont complétées ! Prochaine étape en juin à la Maison des Arts de Créteil, puis différentes dates en Ile de France et en Rhône Alpes, avec dans le viseur un spectacle monumental incluant de la vidéo immersive, du mapping et de la lumière pour janvier 2016.