INTERVIEW – Gymnaste de formation, Karl E. Landler est devenu comédien et cascadeur pour des productions françaises et étrangères. Il maîtrise, entre autres, l’art du déplacement.

Banlieue 13 Ultimatum, Arthur et la guerre des deux mondes ou encore Profilage... Karl E. Landler, acteur aux multiples facettes, est présent sur le grand et le petit écran. Il revient sur sa pratique du parkour dans le cinéma.

Quels souvenirs gardes-tu des cascades de Banlieue 13 Ultimatum?

J’avais des amis en commun avec Cyril Raffaelli et nous avons bien accroché. Nous étions d’accord sur la technique et très motivés. C’était une bonne expérience et aussi l’un de mes premiers projets avec Luc Besson. On s’est entraînés pendant deux mois avant de commencer le tournage.

Justement, comment se déroule la préparation pour ce type de films?

Pendant le tournage, tu n’arrives pas comme ça sur le plateau, c’est assez dangereux et tu n’as pas le droit de te blesser. Il faut continuer et intensifier son entraînement physique, avoir une bonne hygiène et diversifier les activités sportives. Et en amont, nous avons épluché les scénarios avec Cyril et David Belle. Cela nous a permis de réfléchir ensuite aux cascades que nous pourrions réaliser pour chaque plan.

De quelle manière adaptez-vous les cascades au décor?

Il faut d’abord le repérer pour s’y acclimater. Nous pouvions aussi en créer un en adéquation avec les idées que l’on avait pour que ça représente au maximum ce que nous savions faire. On l’arrange à notre sauce! C’est de la pure technique physique, mais pour une belle poursuite, il faut s’ajuster à l’environnement.

A quoi te sert le parkour dans tes films?

Cela fait partie de mon profil, je m’en sers tout le temps. C’est le cas dans la série Métal Hurlant pour France 4, par exemple. Dans les grandes scènes de bagarre ou de poursuites, j’utilise énormément le parkour. Ma pratique de cette discipline, ainsi que de la gymnastique, constitue un vrai plus dans le cinéma.

Pourquoi t'es-tu mis à l'art du déplacement?

Je me dirigeais vers le cinéma d’action et les cascades. J’étais gymnaste à un niveau national pendant des années. Quand j’ai rencontré David et Cyril, j’ai réadapté mes techniques de gym sur du béton. Et j’ai appris à interagir avec l’environnement urbain. Le parkour constitue un bagage supplémentaire. J’aime être perfectionniste. Il faut le faire correctement, le comprendre et l’améliorer. Le parkour a un côté un peu fou mais il s’apprend avec les bonnes personnes. Je vois parfois des jeunes qui font des choses insensées.

Que penses-tu de ces nouvelles générations?

Au départ, il n'y avait pas d'exemples à suivre. C’était nouveau. Le parkour d’il y a 15 ans n’a rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Le niveau a vraiment beaucoup évolué. C’est devenu un vrai sport.

Quels conseils donnerait-tu à ceux qui veulent s'y mettre?

Il faut persévérer et faire attention à son corps. Pratiquer l’art du déplacement tous les jours sur du béton, ce n’est vraiment pas bon. On ne le sent pas à 15 ans mais à 25 ans, on peut avoir les articulations en mauvais état. C’est pourquoi il faut aussi s’entraîner en salle, travailler sa fluidité, sa souplesse et les figures. C’est une vraie technique.

RECUEILLI PAR CONSTANCE DAULON