INTERVIEW – Alors qu'il a sorti son premier EP solo chez Ed Banger, Erratic Impulses, DJ Pone se replonge dans ses sessions skate à Meaux et les vidéos qui l’ont marqué...

DJ Pone sortira le 2 juin prochain un album avec José Reis Fontao, membre de Stuck In The Sound, à travers le projet «Sarh». En attendant, le turntablist des Birdy Nam Nam a pris le temps de revenir sur ses souvenirs autour de la culture skate.

Tu es connu pour être un touche-à-tout... Comment te débrouillais-tu sur une planche?

J’étais très mauvais. Il y avait beaucoup de skateurs dans ma ville (Meaux, NDLR). J’aimais bien le style. A l'époque, j’écoutais les Beastie Boys. Mais j’ai toujours été nul. J’ai dû droper une seule fois. Quant au heelflip, c’était la figure la plus dure. Je me rappelle particulière d'une session. Je devais avoir 13 ans et nous étions nombreux à nous lancer sur un carton de lessive. C’était mon tour et tout le monde était persuadé que j’allais le casser. Ça m’a mis un gros coup de motivation et j’ai tapé le plus beau ollie.

Qu’est-ce qui te plaisait dans cette culture?

J’aimais bien ce côté potes qui se retrouvent à faire des figures et à se dépenser ensemble. Et même si les bons et les mauvais ne se mélangeaient pas trop, l'ouverture sur les autres et l'esprit de groupe m’ont beaucoup apporté.

Cet esprit a-t-il influencé tes choix musicaux?

Tous les milieux que j’ai fréquenté m’ont appris des choses qui me servent au quotidien dans ma musique. J'ai fait plein de découvertes, c’est plutôt cool. Il y a toujours des rencontres déterminantes.

Y en a-t-il une qui t’a particulièrement marqué?

Grâce au skate, j’ai connu Medhi Pinson (DVNO, NDLR). Il m’a beaucoup influencé pour la musique comme pour les vêtements. Il y a des codes très forts dans cette culture qui te marquent, surtout quand tu as 13-14 ans. Quand on voyait des Adidas Campus dans des vidéos de skate, on les voulait ensuite.

Quel genre de vidéos regardais-tu?

J’adorais les mecs de la Bones Brigade comme Frankie Hill. Propaganda est une véritable référence. C’était du lourd. J’écoutais beaucoup aussi la musique. Maintenant, je regarde les performances d’Eric Koston. Je suis les mecs que j’aime bien sur Instagram, et il m’arrive encore de m’arrêter dans les magasins de skate.

Que penses-tu des nouvelles générations et de la démocratisation du skate?

C’est un peu comme le rap: quand ça fait vingt ans que ça dure, ce n’est plus juste un phénomène. Il y a évidemment une histoire d'argent et de publicité, mais il y a aussi plus de magasins et c’est tant mieux. Ça ne rend pas la culture naze. Il n'y a pas de mal à ce que quelque chose ou quelqu'un devienne connu. Quand je vais place de la République, je suis trop content de voir des mecs bons.

RECUEILLI PAR CONSTANCE DAULON

Concert de DJ Pone le 16 mai au Cabaret Sauvage et concert de Sarh (DJ Pone et José Reis Fontao) le 2 juin au théâtre des Bouffes du Nord.