Marion Haerty, une snowboardeuse au tempérament de feu

Rédaction 20 Minutes

— 

La snowboardeuse Marion Haerty, notre nouvelle chroniqueuse, se prépare actuellement pour les Jeux Olympiques de Sotchi.
La snowboardeuse Marion Haerty, notre nouvelle chroniqueuse, se prépare actuellement pour les Jeux Olympiques de Sotchi. — JEREMY PANCRAS

PORTRAIT – À seulement 21 ans, la jeune Française tente de se qualifier pour les JO de Sotchi. Quand elle ne sera pas en train de s'envoyer en l'air en slopestyle, Marion Haerty sera désormais chroniqueuse pour Cultures Urbaines…

Aujourd'hui reine des neiges au tempérament de feu, Marion Haerty est montée pour la première fois sur une planche de snowboard à l'âge de 10 ans, à Chamrousse. « Je voulais faire comme mon grand frère et j'aimais le suivre partout », se rappelle Marion Haerty. Si Julien est aujourd’hui un « snowboardeur du dimanche », il peut se targuer d’avoir converti sa sœur à la discipline. Après un titre de championne de France, un podium en Coupe d’Europe (2e) et une 6e place aux championnats du Monde Juniors, la blondinette incarne l'un des espoirs tricolores pour les J.O. de Sotchi 2014, en slopestyle. « Je travaille beaucoup pour mieux poper (donner une impulsion) et pour pouvoir notamment sortir un rodéo front… On arrive à la dernière ligne droite pour se qualifier. Si j’y arrive, j’espère bien faire partie du Top 15 aux Jeux. »

Son coach, Jean-Phi Garcia, semble visiblement confiant. « Techniquement, elle est bonne en rotation et tête en bas. Elle a bien progressé, ça va le faire... C’est le mental qui pêche. En France, on a toujours eu un petit complexe d’infériorité par rapports aux autres pays, et Marion a tendance à se dévaloriser. Mon boulot, c’est de lui redonner confiance en elle », confie le technicien.

Une rideuse touche-à-tout

Passionnée par la glisse au sens large, comme les comédiennes, Marion Haerty passe sa vie sur les planches. Elle aime parcourir les rues d'Annecy en skateboard ou se défouler sur le lac en wakeboard… « Et elle est douée en wake, s'enthousiasme son coach. C’est un bon entraînement pour les impulsions et les rotations. Si elle fait la même chose en snow, elle peut largement faire une finale à Sotchi ! »

Deuxième dans la catégorie « Rideuse de l’année » lors des Awards du Snowboard Collective 2013 (ex-aequo avec Sophie Rodriguez), Marion Haerty est ravie d’évoluer en freestyle. « Quand je me suis mise sérieusement au snowboard, j’avais 14 ans et je faisais du boardercross. Un vrai chemin de guerre ce truc ! C’est très bien pour apprendre les bases, mais finalement ça m’a vite ennuyée. À 16 ans j'ai commencé en freestyle, puis j’ai vite eu des résultats en circuits FIS et TTR », explique-t-elle.

« Tu te fais violence tout le temps »

Garçon manqué dans l’âme, elle s’entraîne aux côtés d’Enzo Nilo et César Reversade. « Ils la poussent, il y a une vraie émulation de groupe », note Jean-Philippe Garcia. Mais cela ne l’empêche pas d’évoluer dans des teams féminines comme Lipstick Productions, avec qui elle devrait bientôt faire une vidéo. Ni d’admirer des rideuses comme Anne-Flore Marxer : « Elle m'a inspiré et a clairement fait avancer le snowboard féminin ».

Ces homologues qu'elle admire sont une source de motivation, tout comme peut l'être la volonté de se surpasser en permanence. « Le snowboard, c’est un combat avec soi même. Il y a un travail physique et psychique. Tu te fais violence tout le temps », affirme-t-elle. Et si elle souhaite continuer à s’amuser, voyager, progresser et apprendre des tricks, Marion Haerty reste réaliste. Survivre en tant que femme dans l’univers du snowboard n’est pas chose aisée.

Aussi, après avoir suivi un cursus scolaire classique jusqu’au Bac, elle a décidé d’intégrer l'IUT ski-études d’Annecy. « Je suis en section Techniques de Commercialisation. J’apprends l’économie, la compta, le management… Une fois que j’aurai mon diplôme, je ferai une licence de commerce international. Je ne sais pas encore ce que je veux faire exactement, mais ce qui est sûr, c’est que je veux rester dans le domaine des sports de glisse ! » Et écrire pour Cultures Urbaines, naturellement.

MARION BUIATTI