Gautier Garanx: «J’étais tout seul face à un mur d’eau de 15 mètres»

Rédaction 20 Minutes

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Le Français Gautier Garanx est nommé dans la catégorie Biggest Wave.
Le Français Gautier Garanx est nommé dans la catégorie Biggest Wave. — Aurélien Laborde

INTERVIEW – Surfeur amateur, Gautier Garanx a été sélectionné au Billabong XXL Awards 2014 dans la catégorie «Biggest Wave». Alors que la cérémonie a lieu ce vendredi, il raconte sa passion pour le surf de gros et détaille son entraînement.

Le 22 décembre dernier, au large de Saint-Jean-de-Luz, professionnels et amateurs se sont retrouvés à l’aube pour prendre d’assaut la vague géante Belharra. Le Bayonnais Gautier Garanx en a bavé, mais à l’issue de cette journée, ses photos ont été choisies pour le Billabong XXL Awards 2014.

Que représente cette sélection?

C’est incroyable. Je suis comblé d’avoir été choisi. J’étais déjà étonné d’avoir été nominé mais là, c’est encore plus fou. Le surf reste une passion et un loisir. Je suis aussi ravi car Belharra est plus souvent associée à des noms de professionnels.

Tu es le deuxième Français a participer au Billabong XXL Awards après Benjamin Sanchis...

Tout à fait, c'était il y a dix ans lors de la première édition. Mais je suis le premier amateur.

Penses-tu avoir tes chances pour remporter le prix de la «Biggest Wave»?

Tout ce qu’il m’arrive à présent, c’est que du bonus. Je commence à y croire car je vis un peu un rêve. La cérémonie a lieu le 2 mai, pourquoi cela ne m'arriverait pas? Je suis confiant mais je reste les pieds sur terre. J’ai déjà eu la chance d’être au bon moment, au bon endroit, tout en étant bien préparé.

Justement, en quoi consiste ton entraînement?

Je vais deux fois par semaine à la piscine pour travailler mon apnée statique et dynamique. Je suis sous l’eau avec des poids dans les mains ou je fais le crapaud au fond avec les poumons vides. En salle, j’entraîne mon équilibre en montant sur des gros ballons sur lesquels je dois attraper des bouteilles de sable. Je fais aussi du renforcement musculaire avec des élastiques et des parcours de cross-fit, mais pas d’haltères. En général, tous les surfeurs de Belharra ont la même préparation.

Ce que l'on voit sur les photos et la vidéo de ta performance le 22 décembre ne montre pas tout...

Après avoir surfé la vague, elle m’a rattrapé et j’ai été aspiré par la mousse. Je suis resté 25 secondes sous l’eau. Puis, une deuxième vague est arrivée sans que les pompiers aient le temps de venir me chercher. C’est démesuré car tu es tout seul face à un mur d’eau de 15 mètres. Tu passes du meilleur moment au pire en 30 secondes. C’est un truc de fou. J’étais à 10 mètres de profondeur, j’avais mal à la tête, je me faisais secouer dans tous les sens. J’ai vraiment ramassé. Je n'y suis pas arrivé comme ça, j’en ai bavé.

Dans quel état d'esprit étais-tu la première fois que tu l'as surfé?

C’était il y a trois ans et nous étions terrorisés. Je suis passé de vagues de cinq mètres à Guéthary à des vagues d’au moins dix mètres à Belharra. Mais c’est ce qu’il me plait dans le XXL: l’adrénaline, apprendre à se connaître et tester ses limites.

L'appréhension semble faire partie intégrante du surf XXL. Comment gères-tu le stress?

Je surf depuis que j’ai 8 ans. Au fil des années, tu deviens plus serein et les grosses vagues font moins peur. Aujourd’hui, je prends mon plaisir là-dedans. C’est une autre approche du surf. Tu es dépendant du pilote du jet ski puisque c’est lui qui te place. La relation avec lui est très forte, c’est un partenaire à qui tu confies ta vie. La piscine me calme aussi et me rassure sur mes capacités à pouvoir rester sous l’eau.

Y a-t-il une technique particulière pour le surf de gros?

No pain, no gain! Il faut en bouffer car tu le découvres au fur et à mesure. Tu apprends en t’en prenant plein la tête. Ça vient avec l’expérience, il faut déjà être un bon surfeur et avoir un bagage technique solide. Tu dois te dire: c’est bon, je peux prendre des grosses vagues.

RECUEILLI PAR CONSTANCE DAULON