Samuel Partaix : « L'esprit DIY s'impose partout »

Samuel Partaix

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Les skateparks « DIY » se multiplient un peu partout aux Etats-Unis et en Europe.
Les skateparks « DIY » se multiplient un peu partout aux Etats-Unis et en Europe. — SAMUEL PARTAIX

CHRONIQUE - Pour en avoir essayé quelques uns un peu partout en Europe et aux États-Unis, Samuel Partaix revient sur le phénomène des skateparks « DIY ». Une initiative qu'il encourage...

« Le DIY -pour "Do it yourself"- est un phénomène grandissant, et pas seulement dans le skate. Cela révèle beaucoup de choses sur notre société... Beaucoup en ont marre de cette époque où les gens consomment sans compter, pour finalement jeter. Faire les choses de ses propres mains apparaît alors comme une évidence, même si ce n’est malheureusement pas le cas chez tout le monde. Dans le tatouage, la musique, la cuisine, l'esprit DIY s’impose partout.

Réhabiliter des endroits laissés à l'abandon

Dans le milieu du skateboard, le DIY revient à créer son propre spot avec ses potes. Les skateurs, blasés des rendez-vous avec la mairie et des belles promesses qui souvent n’aboutissent à rien, finissent par se motiver pour faire bouger les choses. C’est le prix à payer pour combler notre envie de skater de belles infrastructures sans attendre, car à 65 ans, il sera sans doute trop tard pour les sessions BBQ, skate, et apéro entre potes. Du coup, on se trouve un endroit laissé à l'abandon, puis on se met au boulot : sable, ciment, bois, eau, caillasse et hop… On se fabrique son propre skatepark, souvent dans un lieu caché pour ne pas se faire emmerder par les voisins. A terme, la mairie, les propriétaires du terrain ou la police finissent toujours par s'en apercevoir, et tolèrent… Ou pas. Dans certains cas, ils préfèrent nous laisser tranquilles car nous ne faisons rien de mal. Au contraire, cela réhabilite la plupart du temps des zones désertées et en friche...

Burnside à Portland, un très bel exemple

Généralement, ces projets sont lancés par quelques personnes motivées puis grossissent au fur et à mesure de l’avancée. Burnside, à Portland aux États-Unis, est un très bel exemple illustrant la pensée : « on n’est jamais mieux servi que par soi-même » ! C’est vraiment magique. Il y a aussi FDR à Philadelphie. Mais beaucoup de spots naissent également en Europe, comme à Hambourg, Berlin, Paris, Bordeaux, Tours, Londres…

En fait en 2013, les projets se multiplient un peu partout comme des petits pains. Certaines mairies en viennent même à soutenir ce genre d’initiative, car ils se rendent bien compte que nous avons besoin de lieux pour nous retrouver et nous amuser, sans gêner personne. On cherche juste à vivre librement et passionnément dans nos grandes jungles urbaines.

Apprendre de ses erreurs

Même si à priori cela peut paraître compliqué, n’ayez pas peur de vous lancer dans un tel projet. Il faut bien commencer un jour. On apprend sur le tas, avec le temps, et en faisant ses propres erreurs. Mais je conseille quand même aux gens de demander à un ami bricoleur de leur donner un petit coup de pouce si vous ne l'êtes pas vous-même. Et puis il faut y aller petit à petit, ne pas voir trop grand, trop vite... »

SAMUEL PARTAIX