Marion Haerty : « Je n’ai jamais vu des filles aussi fortes qu’à Sotchi »

Rédaction 20 Minutes

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Pour la chroniqueuse, le niveau de slopestyle n'a jamais été aussi élevé.
Pour la chroniqueuse, le niveau de slopestyle n'a jamais été aussi élevé. — Gero Breloer/AP/SIPA

CHRONIQUE – Sotchi c’est fini, mais Marion Haerty revient sur l’arrivée du slopestyle au Jeux olympiques. Niveau, opinions, accueil et rôle des marques, la snowboardeuse aborde les faits qui l’ont marquée...

« Impressionnant et peut être plus engagé, notamment par rapport au curling, le slopestyle a fait un grande entrée dans les médias jusqu'à faire des petites vidéos explicatives de la discipline passées en boucle sur France 2.

Bizarrement, les médias spécialistes n'ont pas eu plus de circulation que d’habitude sur leurs sites. Par contre, il y a eu une très forte augmentation de polémiques et de pétitions contre des journalistes tels que Patrick Montel, très mal informé sur son métier et sur ce qu'il est censé présenter.

Un des principaux commentaires que l'on pouvait retrouver très souvent était « le freestyle, en snow ou en ski, est la seule discipline où les athlètes ont autant le sourire et se font des câlins à la fin des courses. » Et oui, ce n'est pas si grave de ne pas obtenir de médailles et il est possible que nos concurrents soient aussi nos meilleurs amis.

Le premier 1080° en compétition

On a pu constater que le niveau a été poussé à son maximum. Je n'ai jamais vu des filles aussi fortes. D'ailleurs, le premier 1080° (trois tours sur soi même) en compétition a été posé par Cina Sandiran, une snowboardeuse suisse.

Les restrictions demandées par le CIO n'ont pas empêché les filles d'exprimer leurs opinions sur certains sujets. Cheryl Maas n'a pas hésité à montrer ses moufles avec des symboles gays. Un clin d'œil à Vladimir Poutine qui ne voulait voir aucune personne du même sexe se tenir la main lors de l’événement.

Les freestyleuses ont également rendu hommage à Sarah Burke, grande dame du ski freestyle décédée il y'a deux ans. Ils ont porté des bandeaux ou stickers, ce qui, selon le CIO, témoigne d'une appartenance à un parti politique. Messieurs, sachez que le ski freestyle chez les femmes ne serait pas arrivé aux JO sans elle.

De l’accueil soigné à l’absence des sponsors

Malgré quelques hôtels encore en construction, je vous rassure, les athlètes ont été bien accueillis et traités avec soins grâce à des salles de jeux immenses, une boite de nuit ou encore des restaurants de tous types. Sans oublier que hors des structures olympiques, Sotchi est un incroyable domaine skiable dont certains peuvent être jaloux.

Et les marques dans tout ça ? Elles n'ont pas le droit de parler de leurs riders pendant toute la durée des JO et par conséquent, ils se voient obligés de cacher le nom des sponsors en se scotchant de partout. Je trouve ça dommage car les marques les soutiennent depuis le début, contrairement à celles qui n’étaient là juste le temps des Jeux.

Malgré tout, les JO restent pour moi un événement magnifique. Il rassemble tous les pays autour des mêmes passions et ne peut être comparé à aucun autre. Nous pouvons féliciter nos athlètes d'avoir aussi bien représenté nos disciplines et espérer maintenant que la fédération prenne un peu plus sérieusement en compte le freestyle. »

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 MARION HAERTY