Ces spots de surf où les requins font des vagues

Rédaction 20 Minutes

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Les plus belles vagues peuvent être aussi les plus dangereuses, comme ci-dessus à Hawaii.
Les plus belles vagues peuvent être aussi les plus dangereuses, comme ci-dessus à Hawaii. — BRIAN BIELMANN/SOLENT NEWS/SIPA

VOYAGE – Les surfeurs aiment voyager pour trouver les plus belles vagues. Mais la plupart du temps, il ne faut pas avoir peur de cohabiter avec les requins...

Chaque année, 70 personnes en moyenne sont victimes d'attaques de requin dans le monde, selon l'International shark attack file (ISAF). La plupart sont des surfeurs, souvent pris par les squales pour des tortues ou des lions de mer. Mais si la peur des requins n'est pas aussi forte que votre attraction pour les vagues, n'oubliez pas de respecter quelques règles de sécurité, surtout dans ces régions parmi les plus «sharky» au monde. Tour d'horizon.

L'Île de la Réunion

Aujourd'hui, l'Île de la Réunion présente un risque requin hors norme. Entre 2004 et 2013, l'ISAF a recensé 17 attaques dont 6 fatales. Le plus inquiétant est que 10 d'entre elles ont été enregistrées entre 2011 et 2013 (+1 en 2014) sur une trentaine de kilomètres face aux plages les plus populaires. Depuis juillet 2013, un arrêté préfectoral interdit la pratique de toute activité nautique.

Christopher Neff, chercheur sur les requins et lui-même surfeur, explique cette recrudescence par «la forte industrialisation qui a entraîné le rejet d'un nombre plus important de déchets». Il évoque aussi «la topographie de l'île, comparable à celle d’Hawaii, avec ces arrivées d'eaux douces dans l'eau salée qui attirent largement les requins».

L'Australie

L'Australie a toujours été réputée pour ses requins. Entre 2004 et 2013, 125 attaques ont été recensées par l'ISAF, dont 15 fatales. Mais ces dernières années, c'est surtout l'Australie de l'Ouest qui a fait parler d'elle, une région où le grand blanc vit en nombre. Depuis fin 2011, six personnes sont décédées, victimes de cette espèce protégée depuis 2001.

Pour autant, Christopher Neff ne trouve pas d'explication à cette série noire, si ce n'est la loi des séries. «Ce genre de choses arrive, c'est statistique. Ce n'est pas parce qu'il y a plus de requins ou plus de gens dans l'océan.» Qu'importe pour le gouvernement régional qui a décidé fin 2012 d'aller à l'encontre de la politique nationale en autorisant désormais l'abattage du grand requin blanc.

L'Afrique du Sud

Comme l'Australie, l'Afrique du Sud a toujours été réputée pour ses requins, et comme en Australie, le grand blanc y est une espèce protégée. Entre 2004 et 2013, l'ISAF a enregistré 43 attaques dont 13 fatales. La zone la plus sensible est celle autour de Cape Town, où des colonies de phoques sont installées et attirent les requins.

Mais le chercheur souligne que Cape Town est surtout «l'endroit où il existe le système de prévention le plus performant au monde avec le programme Shark Spotting. De plus, contrairement à d'autres régions du monde, la population locale accepte les risques et ne blâme pas les requins en cas d'attaque».

Le Brésil

Au Brésil, c'est surtout la région de Recife qui est concernée, avec 16 attaques recensées par l'ISAF entre 2004 et 2013 dont 4 fatales. Le nombre d'attaques a augmenté avec l'industrialisation de la zone. La détérioration des côtes et fonds marins par l'urbanisation associée à la surpêche ont poussé les requins à se rapprocher des côtes.

«L'éco-système a été perturbé... Quand on veut rendre une région plus attractive ou construire des hôtels, cela ne peut pas être sans conséquence sur l'environnement. Comme il y a bien plus de déchets rejetés, forcément les requins sont attirés», estime Christopher Neff.

Hawaii

L'île d'Hawaii a toujours été considérée comme une Mecque du surf, avec des spots 5 étoiles comme Pipeline, Waimea ou Sunset. Mais les requins ont toujours été aussi largement présents. Entre 2004 et 2013, 51 attaques dont 2 fatales ont été enregistrées par l'ISAF. La plus célèbre rescapée n'est autre que la surfeuse professionnelle Bethany Hamilton. Pour autant, le gouvernement ne mène aucune politique anti-requins.

«A Hawaii, compte tenu de leurs traditions, ils ont une façon différente d'aborder le risque requin. Pour eux, la présence de squales est synonyme de vie donc qu'il y a du poisson et donc de la nourriture. Il y a eu des programmes anti-requins par le passé, mais ils ont vite compris que tuer du requin n'est pas une solution. Cela ne fonctionne pas», estime le scientifique.

La Floride

La Floride est la région du monde qui enregistre le plus d'attaques, avec 203 victimes recensées entre 2004 et 2013 par l'ISAF. Cependant, seulement deux d'entre elles ont été fatales.

«Certains facteurs écologiques font qu'il y a plus de requins dans cette zone, et il se trouve que c'est justement là où se trouvent les meilleures vagues. En revanche, comme les requins y sont plus petits, ils provoquent des blessures moins graves», explique Christopher Neff. Moins médiatisées car loin du cliché des Dents de la Mer, ces attaques ne suffisent pas à entretenir une psychose.

Lauren Horky