Zephyr, parcours d'un porte-drapeau du Freerun

Shéyen Gamboa

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Yoann Leroux, dit Zephyr, est le fondateur de la team French Freerun Family.
Yoann Leroux, dit Zephyr, est le fondateur de la team French Freerun Family. — Red Bull Content

PORTRAIT - Seul Français présent sur les podiums internationaux en matière de freeruning, Yoann 'Zephyr' Leroux, fondateur de la team qui tient le haut du pavé la French Freerun Family, n'a pas fini de défier ni le vide ni la mort… Parcours.

Il dort et mange peu. Et pourtant, Yoann Leroux dit Zephyr, 28 ans, est un homme à la puissance nettement supérieure à la moyenne. Il parvient à arrêter les secondes en plein vol au-dessus des toits du monde entier, escalade des façades de châteaux, virevolte au-dessus de la Seine, dessine dans les airs des figures inédites... et jamais on ne l'entend atterrir! La ville lui appartient. «Mes limites? Je travaille sans cesse pour les dépasser.» Il compte parmi ceux qu'on appelle les nouveaux super héros urbains, même s'il le réfute… en toute humilité.

Originaire de Saint-Michel-sur-Orge dans l'Essonne, c'est en Chine que les moines Shaolin le baptisent «Vent d'ouest», Zephyr en grec, à l'âge de 18 ans. Venu pour un stage dans leur école, il surprend ses maîtres et leur fait découvrir le parkour. Biberonné aux sports, un stade de rugby porte le nom de son grand-père et son père pratiquait ce sport intensément, Yoann est au départ un enfant dit difficile. «J'étais un gamin gringalet mais bagarreur. Je voulais être un justicier, mais j'ai dérivé et je condamnais les autres avant même qu'ils ne fassent quoi ce soit. Le rugby puis les arts martiaux m'ont formé et m'ont appris à respecter l'adversaire.»

Une détermination précoce

L'esprit du parkour, il le découvre très jeune sans le savoir. «A 5 ans, je me suis retrouvé en haut d'un mur, j'ai demandé à mon père si je pouvais sauter. Il m'a répondu 'Est-ce que tu te sens prêt?' J'ai répondu: 'C'est trop haut, je ne peux pas y arriver maintenant.' Il m'a dit: 'Alors descend, va t'entraîner et tu recommenceras quand tu seras prêt!' Pour moi, ce sont les vraies valeurs du parcours. C'est encore ce que je me dis aujourd'hui devant un obstacle.»

En 2000, il pratique déjà avec ses amis les transferts de toits à toits, mais c'est à la Défense qu'il rencontre réellement le parkour. «Un gars m'a dit je fais du Yamakasi… On n'avait pas encore le vocabulaire. C'est comme s'il m'avait dit je fais du Zidane au lieu de dire du foot.» Il commence à s'entraîner sur les spots mythiques de Boïeldieu, de l'Esplanade des Olympiades dans le 13ème arrondissement de Paris et y rencontre la communauté et le freerun. Puis, le monde devient son terrain de jeu. Il monte son premier crew Element 4, et enfin son équipe professionnelle la French Freerun Family en 2009 et signe ses premiers contrats.

A l'international

«A cette époque, des team freerun voyaient le jour partout dans le monde. J'ai voulu monter la Française avec des talents naturels et précis.» Aujourd'hui, ils sont 12 membres actifs, en perpétuelle recherche. «Nous sommes très actifs sur le web. On a beaucoup de fans dans le monde et on sait qu'on doit toujours évoluer pour la nouvelle génération!» C'est justement sur la toile qu'ils se font remarquer pour participer à la vidéo buzz de l'été, à 20 millions de vues, d'Assassin's Creed real life.

Zephyr est aussi le français qui s'exporte le mieux. Régulièrement, il est invité aux Etats-Unis pour donner des formations, mais aussi au Mexique, en Colombie, en Chine ou encore en Autriche. Prochaine destination: le Brésil. En tant que véritable athlète, il représente la France dans toutes les compétitions internationales et ne se place jamais en dessous de la quatrième place lorsqu'il ne remporte pas le titre. «Mon prochain objectif gagner 3 Red Bull Art Of Motion à la suite!» Rendez-vous donc en octobre prochain.