Le « Skate Moderne », une affaire de paysans

Rédaction 20 Minutes
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Les fermes de Dordogne élèvent aussi des bêtes de skateurs.
Les fermes de Dordogne élèvent aussi des bêtes de skateurs. — credit magazine

VIDÉO - Ils vivent au fin fond de la Dordogne et ont malgré tout été contaminés par le virus du skateboard. Découvrez cet edit très poétique signé Antoine Besse, entre fiction et documentaire...

Fin 2012, Kloudbox s’était illustré en signant le clip de Night Town, des beatmakers Hoosky. Sorte de croisement de Bullhead et de Drive, le clip mettait en scène les personnages de leur campagne natale, entre la Dordogne et les Landes. Le collectif frappe à nouveau très fort avec son dernier court-métrage : Le skate moderne, sorti fin janvier. « Je voulais faire une vidéo de skate qui s’adresse à un public plus large [que le public habituel], tout en restant dans quelque chose de très vrai », explique Antoine Besse, qui a filmé, réalisé et monté cet edit à la manière d'un reportage de Striptease façon skateboard.

Une simple mise en scène ?

D’abord convaincu de l’authenticité de l’histoire, le spectateur est en proie au doute au fur et à mesure que les spots se succèdent. Les costumes semblent étudiés avec soin, les décors, choisis avec minutie. Par moments, la propreté des plans et de la mise en scène donne envie de crier à la supercherie : et si on s’était fait avoir ? Et si ces gars-là n’étaient pas une bande de skateurs campagnards mais des citoyens pur jus venus rouler dans la boue le temps d’un court-métrage bien ficelé ?

Antoine Besse lève rapidement l’ambiguïté : « On a toujours skaté dans ces conditions. Les modules, c’est nous qui les avons construits avec une asso locale, la All Boards Family. J’ai utilisé une esthétique “clip”, avec des fumigènes et des costumes travaillés, mais c’est juste une façon de sublimer la réalité. » Un mélange entre réalité et fiction donc, que le réalisateur résume ainsi : « ne pas mentir mais rendre [la réalité] plus belle. »

Des partenariats bien ficelés

Outre la présence de Dailymotion (qui a financé la post-production) au générique, on remarque surtout celle de Magenta. « On s’est vachement bien entendus », explique Antoine. En échange de sa présence au générique, la marque de Soy Panday a donné des planches à tous les skateurs présents dans le film. « Ils n’ont pas une thune, reprend-il. C’est tous des chiens de la casse, et je ne voulais pas qu’ils défoncent leurs boards pour mes conneries, sans que je puisse les rembourser. »

En quelques minutes de film, ce fan de Raymond Depardon (à qui il a « piqué beaucoup de cadres » ainsi que la bande originale de La vie moderne), atteint son objectif en pleine cible : « Poser un œil neuf sur la vidéo de ride. » Et à en juger par l’engouement pour l'edit, il n’était pas le seul à l’affût de nouveauté !



MAXIME BROUSSE