Le breakdance ou quand l'art côtoie la performance sportive

Morgann Jezequel

— 

Comme Dorian Dubois (photo), les breakers évitent les blessures grâce à des échauffements et des étirements spécifiques ainsi que de la musculation.
Comme Dorian Dubois (photo), les breakers évitent les blessures grâce à des échauffements et des étirements spécifiques ainsi que de la musculation. — D. Dubois

PRATIQUE - Très complet, le breakdance mélange des mouvements de plusieurs disciplines et sollicite tout le corps du sportif.

«Le breakdance est un sport sans contraintes, une danse très libre. Chaque personne a un style différent et chaque équipe a une manière différente de s'entraîner. Cette absence de limites dans la création et la performance en fait un sport passionnant», s'enthousiasme Dorian Dubois. Cela fait maintenant neuf ans que cet étudiant ingénieur a intégré un groupe de breakdancers à Périgueux, la «cokha nostra». Depuis, il consacre 10 heures par semaine à la danse.

Né à New York dans les années 1970 et parti à l'assaut des villes du monde entier, le breakdance tire ses racines d'une variété de disciplines. «Il a été créé sous l'influence des arts martiaux, de la capoeira, de la gymnastique, de la salsa, du jazz rock, de la danse africaine... C'est une pratique très riche et complète, un art qui allie danse et sport», souligne Tonio. Le célèbre breaker français s'entraîne entre deux et cinq heures, quatre jours par semaine.

Etre à l'écoute de son corps

Pendant l'entraînement, avant de concentrer sur sa spécialité et ses mouvements favoris, le danseur s'échauffe et s'étire d'abord. «Il doit préparer son corps à un effort physique et articulaire», rappelle Tonio. Poignets, avants-bras, dos, abdominaux, adducteurs, le breakdance sollicite tout le corps.

Dorian complète d'ailleurs ses entraînements de breakdance par des séances de musculation  et de gymnastique, «pour éviter les blessures». Car il le rappelle, le breakdance est un sport difficile: «J'ai déjà contracté deux déchirures musculaires, aux adducteurs et au psoas, une tendinite au poignet et des lombalgies», énumère-t-il.

La clé de la longévité dans cette discipline? Les deux breakers sont unanimes: «Prendre soin de son corps» et ne pas faire l'impasse sur les étirements en fin de session. «Il faut être à l'écoute, patient, et rester passionné», précise Tonio.

Une manière de se surpasser physiquement et psychologiquement

Sandra Pestana, soit b-girl Peste ana, évolue au sein du groupe Figure2style, à Chenôve, dans la banlieue dijonnaise, et s'entraîne trois à quatre fois par semaine, uniquement avec des garçons. Pas facile de tenir près de deux heures en sollicitant à la fois la force et le système cardio-vasculaire.

«L'entraînement, c'est un peu comme un combat. C'est dur aussi bien psychologiquement que physiquement.» Mais pour la danseuse, pas question de penser qu'être une femme constitue un handicap physique pour la pratique du breakdance. «Avant, on pensait que les femmes avaient plus de difficulté car leur bassin est plus lourd et donc plus difficile à porter. Mais maintenant, on les voit faire des figures comme les hommes!»

Surtout, Peste ana voit dans le breakdance une manière de s'exprimer et de se surpasser, sans différence de genre. «En dansant, en faisant tes figures, tu ressens des sensations inexplicables, tu t'exprimes avec tout ton corps.»