Gunther Love : « Le skate nous a amenés à faire de la musique »

Rédaction 20 Minutes

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L'artiste a connu les membres de son premier groupe de rock grâce au skate.
L'artiste a connu les membres de son premier groupe de rock grâce au skate. — VALINCO / SIPA

INTERVIEW – En tournée actuellement avec Airnadette et leur « comédie musiculte », Gunther Love revient sur l’ambiance des sessions de skate qui ont marqué son adolescence.

Le skate et toi, c’est une longue histoire ?

La première board que j’ai achetée, c’était une Blind en 1998. J’avais 16 ans et encore aujourd’hui, je vais skater quand j’ai un peu de temps. À Chelles, d’où je viens, il y avait un spot où tout le monde venait rouler : le Centre Culturel. Quelques mecs avaient construit des modules et chaque fois que je rentrais de l’école, je retrouvais des potes là-bas pour skater. Après, le Cosa Nostra skatepark a été construit.

Est-ce que tu as participé à la construction du park ?

Non… Si j’avais dû construire un module, il y aurait eu des accidents parce que je suis vraiment un bricolo du dimanche. J’étais impliqué de manière parallèle. Je testais les modules et surtout, j’amenais des bières aux mecs qui coupaient le bois. C’était devenu notre deuxième maison, on y allait tout le temps. On faisait même des soirées là-bas où les mecs venaient mixer au milieu des modules. Aujourd’hui, c’est devenu un super gros complexe de skate.

La culture skate a t-elle influencé ton choix de devenir comédien ou ta pratique ?

C’est quelque chose qui m’a clairement aidé. J’ai connu des gens grâce au skate. Le skate nous a amenés à faire de la musique et à aller voir des concerts. J’avais intégré un groupe de rock qui s’appelait Keryah, avec lequel j’ai tourné pendant 10 ans. C’est en faisant du skate que je les ai rencontrés, ça a vraiment été un moteur. Ça m’a permis d’être bien dans ma peau. Quelqu’un qui voit la Comédie musiculte peut comprendre ça, il peut retrouver cette cohésion de groupe. Mais ce qui m’a aidé à être bon sur scène, ce sont mes années de gym et le conservatoire de théâtre.

Penses-tu que le skate attire les personnalités créatrices ?

Je ne sais pas si c’est propre au skate. Ce qui est sûr, c’est que le skateboard fédère et crée une ambiance, une cohésion. Quand tu es jeune, tu veux appartenir à un groupe. J’avais ce groupe là au lycée, à la fac et même après. On se connaît par cœur, c’est vraiment très fort. Chelles a été le point de départ de tout ce truc-là. Quand j’en parle à des gens qui n’ont pas connu ça, ils se marrent et disent que ça n’existe pas. Ils ont l’impression d’être dans un épisode de Hartley, cœurs à vif.

Es-tu d'accord avec ceux qui considèrent que le skate perd son identité en devenant mainstream ?

Pendant un moment, le skate était très underground donc les sponsors n’avaient pas vraiment de pognon. Aujourd’hui, c’est de plus en plus médiatisé. Les sponsors se font de plus en plus gros, donc il y a plus de visibilité. Je trouve ça très cool de démocratiser un sport. Le nombre de pratiquants augmentent et certains riders se disent : « Qu’est-ce que c’est que tous ces guignols qui se mettent à faire du skateboard ? » Mais est-ce que ce n’est pas bien pour le sport en lui-même ? Les vieux réacs vont te dire que le skate perd son identité mais je trouve ça cool de permettre à des gens d’en vivre, s’ils peuvent aller aux JO, tant mieux. Et puis, du moment que ça ne m’empêche pas de retrouver mes amis d’enfance pour se payer une tranche de rigolade à 6 heures du matin en faisant toujours le même tricks, il n’y a pas de problème !

MAXIME BROUSSE