Le skateboard, l'autre sport populaire au Brésil

Rédaction 20 Minutes

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Le skateur brésilien Pedro Barros en action.
Le skateur brésilien Pedro Barros en action. — RED BULL POOL CONTENT

FOCUS – Presque aussi populaire que le football, le skateboard brésilien n'a pas fini de faire parler de lui. Plus qu'un sport, il est un art de vivre...

Selon une étude menée par l'entreprise d'opinion publique Datafolha, il y avait 3 millions de skateurs au Brésil en 2003, la majorité se trouvant à Sao Paulo. Aujourd'hui, ce chiffre flirte avec les 5 millions, soit plus que la population d'un pays comme la Nouvelle-Zélande ou le Costa-Rica. «Le skateboard ici n'a jamais été aussi populaire. De plus en plus de gamins s'y mettent et certains sont bourrés de talent. Ils vont faire parler d'eux dans un futur très proche, c'est sûr... Tout cela contribue à créer de l'émulation et pousser le niveau toujours plus haut. Et je suis fière et excitée de contribuer à ce phénomène», confie Leticia Bufoni, figure phare du skateboard brésilien et multiple médaillée aux X-Games.

Semi-pro franco-portugais, Christophe Dias Sampaio a toujours été très proche du clan brésilien. «Là-bas, le skateboard est une institution. Le sport y est extrêmement bien développé et n'a plus rien à envier aux Etats-Unis. Les Brésiliens ont leur propre industrie, leurs propres marques... Cela fait une grosse différence avec la France, où l'on est encore en train de se structurer et où il est très difficile de vivre du skateboard. Quant aux skateurs à proprement parler, ils talonnent aujourd'hui leurs homologues américains.» Voire se permettent parfois de les surpasser.

 «Un moyen de sortir des favelas»

Il faut dire qu'en termes de performances sportives, la culture brésilienne a toujours promu un état d'esprit proche de la rage de vaincre, le tout agrémenté d'une motivation sans faille. «J'ai rencontré beaucoup de skateurs aux quatre coins du monde, mais je pense que les Brésiliens sont les plus passionnés, les plus acharnés aussi. Là-bas encore plus qu'ailleurs, le skate ne se résume pas à un simple sport. C'est un art de vivre et aussi parfois un moyen de se sortir de la galère des favelas, comme l'a fait Danny Cerezini par exemple. Aujourd'hui, on compte chez les jeunes presque autant de skateurs que de footballeurs. Du coup, il y a en permanence un nouveau rider qui est sur le point de se révéler pour tout déchirer», explique Christophe Dias Sampaio.

Qui plus est, «les Brésiliens se sont toujours enflammés pour les sports où les Brésiliens réussissent », ajoute Bob Burnquist, légende vivante de la discipline, médaillé à 22 reprises aux X-Games. «Il y a eu la Formule 1 avec Ayrton Senna, le tennis avec Gustavo Kuerten, ou encore le MMA avec AndeLien rson Silva. Moi, j'ai tellement gagné de compétitions en méga rampe que j'ai été capable d'attirer l'attention sur le skateboard.» Aujourd'hui, d'autres skateurs ont marché sur ses traces et repris le flambeau.

La relève brésilienne au pouvoir

La vingtaine à peine, Pedro Barros, Luan de Oliveira ou encore Leticia Bufoni, appartiennent à cette jeune génération qui truste aussi bien les médias que les podiums des plus grandes compétitions. «Pedro fracasse tout, il est au-dessous de tout le monde, assure Christophe Dias Sampaio. Il vient de remporter la dernière étape des X-games et a montré en un seul run qu'il était le meilleur en bowl, sans aucune contestation possible. Luan est son équivalent en street. C'est l'un des skateurs les plus doués de tous les temps. Il a tout fait, tout gagné. Tout ce qu'il tente est magique, des figures compliquées avec de la hauteur, de la vitesse, et un smile inaltérable.» Autant dire que l'on n'a pas fini d'entendre parler du skateboard brésilien.

Lauren Horky