Protéger la mangrove pour préserver les littoraux

Gwénaëlle Fliti

— 

La mangrove, ici aux îles Galapagos, préserve le littoral, stocke le carbone et permet la culture du riz et du sel.
La mangrove, ici aux îles Galapagos, préserve le littoral, stocke le carbone et permet la culture du riz et du sel. — Mint Images/Rex/Sipa

ECOSYSTÈME - En Guinée, des ONG sensibilisent la population à la protection de la mangrove, un élément indispensable au milieu naturel local.

Opération lancée par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), «2015, année de la mangrove» veut alerter sur le rôle crucial joué par cet écosystème. La mangrove se développe dans des zones inondées par l’eau de mer ou dans des marécages le long des côtes des régions tropicales et subtropicales. En plus de préserver le littoral de l’érosion, des tsunamis et de stocker le carbone, elle est riche en crustacés et permet de récolter du riz et du sel.

Pour la protéger en Guinée maritime – dont la démographie est forte et les besoins alimentaires croissants –, l’Agence française de développement (AFD) soutient, via l’association Univers-Sel, un programme d’optimisation des techniques de riziculture et de saliculture.

«Jusqu’à présent, les exploitants de riz avaient l’habitude de changer de parcelle à chaque nouvelle récolte. Ce qui déforestait la mangrove un peu plus chaque saison », explique Alexia Hofmann, chef de projet à la division agriculture, développement rural et biodiversité au sein de l’AFD. L’objectif du projet est de «consolider les digues aménagées pour la récolte afin que l’exploitant n’ait plus à changer de parcelle. Ce qui évite de déforester la mangrove.»

L’utilisation du soleil

Le programme prévoit aussi de pouvoir cultiver du sel entre deux cultures de riz. Au lieu de couper la mangrove et récupérer du bois de feu afin de sécher le sel, le nouveau système prône un séchage solaire.

«Le projet permet d’aider chaque producteur à gérer l’eau au sein de sa parcelle avec un gain de productivité de 30%», assure la chef de projet. Cette initiative paraît essentielle sachant que la subsistance même des populations liées à cette agriculture (plus de 10.000 personnes) est aujourd’hui bel et bien menacée par la dégradation de la mangrove.

En décembre dernier, une marée noire a contaminé la plus grande mangrove du monde, située dans le delta du Gange au Bangladesh. Selon les informations de François Fromard, chercheur au CNRS, « les nappes de pétrole se seraient dissipées grâce aux courants des grandes marées ». Un coup de chance pour un drame qui aurait pu ravager toute la biodiversité du lieu et réduire le travail des exploitants à néant.

>>> Retrouvez l'ensemble de notre dossier sur les enjeux climatiques