Les forêts peuvent bûcher contre l'effet de serre

Nicolas Robert

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Si la forêt, comme ici au Brésil, stocke du dioxyde de carbone, elle le relâche lorsqu’elle est brûlée.
Si la forêt, comme ici au Brésil, stocke du dioxyde de carbone, elle le relâche lorsqu’elle est brûlée. — Antoine Grimaud pour l'Agence française de développement

POLLUTION - Les surfaces forestières absorbent beaucoup de dioxyde de carbone, d'où l'importance de les gérer au mieux.

Les spécialistes appellent cela l’effet puits de carbone et il est précieux. Chaque année, les forêts absorbent plusieurs millions de tonnes de dioxyde de carbone. Selon une étude menée par l’université d’Helsinki, entre 1990 et 2005, les grandes surfaces forestières européennes en ont absorbé 126 millions, soit 11% des émissions liées à l’activité humaine.

«La forêt peut stocker du carbone mais aussi en émettre lorsqu’elle est brûlée», explique Julia Grimault, chargée de recherche forêt et changement climatique au sein de CDC Climat, filiale de la Caisse des dépôts dédiée à la transition énergétique et écologique de l’économie. Ce qui impose de réfléchir à une gestion forestière durable.

Suivant les régions du monde, cette problématique est abordée de façons très différentes. Dans les pays du Sud, la déforestation (qui libère le stock de carbone contenu dans les forêts) est au centre des débats.

Une gestion durable

En République démocratique du Congo par exemple, «0,2% de la surface forestière disparaît chaque année », note Nicolas Bayol, ingénieur forestier au sein du cabinet FRM France. Voilà pourquoi il faut réfléchir avec la population sur le mode d’exploitation des bois (circulation d’engins, ouverture de routes...). Tout comme il faut penser à l’affectation des terres dans ces régions. «Il est important de définir un objectif pour chaque espace, pour que les impératifs économiques et environnementaux soient pris en compte», ajoute Nicolas Bayol.

Dans les pays du Nord, la gestion durable est au cœur des échanges. «Aménager une forêt, avec des arbres pas trop nombreux et pas trop à l’étroit, permet de stocker plus de carbone», explique Nicolas Chenet, directeur climat chez ONF International, bureau de conseil et d’expertise en environnement spécialisé dans la gestion durable des écosystèmes. «Il faut accompagner la substitution du bois à d’autres matériaux, conclut Julia Grimault. Fabriquer une poutre en bois plutôt qu’une en béton consomme moins de carbone.»

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