Habiter à la ville ou à la campagne, «deux vies différentes»

S'INSTALLER Craquer pour une bâtisse loin de tout à ou l'appartement de vos rêves en centre-ville, deux trajectoires opposées...

Christine Ludwig

— 

Avec certes moins de commerces, la campagne garantit un environnement tranquille.
Avec certes moins de commerces, la campagne garantit un environnement tranquille. — A. MOURAD/SIPA

Jardinage ou cinéma? La question peut paraître insolite mais vous feriez mieux de faire votre choix avant d’acheter un logement. Selon que votre bien se trouve à la ville ou à la campagne, votre vie risque de changer du tout au tout.

«Cela dépend de qui on est et quelle vie on veut mener», prévient Jean-François Buet, président de la Fédération nationale des agents immobiliers (Fnaim). «Est-ce qu’on veut pouvoir s’occuper de son jardin et écouter les petits oiseaux? Ou est-ce qu’on veut aller au théâtre et avoir une pharmacie en bas de chez soi?»

Une bâtisse en pierre, loin des commerces

La  campagne a de quoi séduire. «Dans un milieu plus rural, les bâtiments sont en pierre, ils ont plus de caractère», poursuit Jean-François Buet. L’environnement est aussi plus calme et on accède aux espaces verts dès qu’on pose un pied dehors. Mais cette situation risque de ne pas convenir à toute la famille. «Si vous essayez de faire vivre un ado dans une zone où le wifi ne passe pas, vous risquez de vous heurter à des situations conflictuelles», plaisante-t-il.

Il faut aussi s’attendre à ne pas accéder aussi facilement aux commerces qu’au cœur de la ville. 22% des habitants des zones à dominante rurale mettent plus de 15 minutes en voiture à accéder à un magasin de meubles. Ils sont 17% à avoir besoin de plus de 30 minutes pour atteindre un hypermarché et près d’un tiers des ruraux mettent plus d’une demi-heure pour pouvoir acheter des surgelés, selon la Base permanente des équipements 2007 et le recensement de la population 2006 de l’INSEE. Des durées qu’il faut garder en tête quand on a craqué pour un logement en dehors de la ville.

Week-end de Pâques au grand air ! #paques #normandie #soleil #sun #maisondecampagne #nofilter #enpassantparla #trip #voyage Une photo publiée par Laviecommejaienvie (@laviecommejaienvie) le

La ville, parfois subie

Mais les zones urbaines accueillent la grande majorité de la population. 85% des Français vivent dans une aire regroupant au moins 1.500 emplois selon l’étude intitulée «Le zonage en aires urbaines» publiée en 2010 par l’Insee. Une situation parfois subie, notamment à cause d’importants temps de transports.

En moyenne, les Parisiens passent 1h16 dans le métro ou leur voiture chaque jour selon l’étude «Villes au féminin» publiée en mars 2015 par Ipsos. 22% des habitants d’Ile-de-France sont également exposés à un niveau de bruit supérieur aux valeurs réglementaires selon l’agence de mesure Bruitparif. Une qualité de vie dégradée, compensée par certains aménagements.


«Les villes ont fait énormément d’efforts sur les espaces verts. Elles sont beaucoup plus agréables qu’à une époque. Et beaucoup de progrès ont été faits à Paris sur les moyens de se déplacer, avec les vélibs, les autolibs et maintenant même les scooters», explique Alain Duffoux, président du Syndicat national des professionnels de l’immobilier (SNPI). Un lot de consolation pour les urbains qui rêvent de nature mais qui n’ont d’autre choix que d’habiter en ville pour des raisons professionnelles.