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Empreinte carbone : Réduire sa consommation de viande rouge, un effet bœuf pour la planète

ENVIRONNEMENT Des solutions existent pour réduire sa consommation de viande rouge et soulager la planète...

W.B.
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L'élevage industriel est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre.
L'élevage industriel est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre. — GettyImages

Article mis à jour le 28 avril 2022

Moins de viande rouge, un réflexe vert bien connu… et de plus en plus pratiqué. Selon une étude IFOP et Just Eat, concernant les résolutions alimentaires des Français pour l’année 2022, 65 % des sondés songent à adopter un régime flexitarien. Un an plus tôt, deux enquêtes, l’une menée par Harris Interactive Interactive commandée par le Réseau action climat en février 2021 et l’autre menée pour 20 Minutes et AXA Prévention par Opinion Way, esquissaient la même tendance : un Français sur deux déclarait avoir réduit sa consommation de viande rouge afin de limiter son empreinte carbone. Une décision bienvenue lorsque l’on connaît les effets néfastes de la filière pour la planète. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’élevage industriel est responsable à lui seul de 14,5 % des émissions à gaz à effet de serre.

Un impact fort

Et en la matière, chaque geste de consommateur compte. D’après une étude menée par l’université d’Oxford, consommation de viande et empreinte carbone évoluent de pair. Ainsi, les personnes mangeant moins de 50 grammes de viande par jour ont une empreinte carbone près de deux fois moins importante que celles consommant plus de 100 grammes de viande par jour. Simple à retenir. Ne reste plus qu’à agir.

Pour manger de la viande de manière raisonnée et durable pour l’environnement, le Réseau action climat préconise ainsi trois à quatre portions de viande par semaine. Le docteur Jean-Michel Lecerf, responsable du service nutrition à l’Institut Pasteur de Lille, conseille pour sa part « de ne pas manger plus de 500 grammes de viande rouge cuite par semaine ». A vous de voir comment vous les répartissez…

Et comment vous les choisissez. Les conditions d’élevage de l’animal que vous consommez ont un impact direct sur la planète. Pour faire un choix éclairé, on se tournera vers des produits labélisés, AB (Agriculture Biologique) par exemple. Cette appellation certifie que les animaux ont été élevés en plein air et nourris avec de l’alimentation biologique, sans OGM dangereux pour les sols. Aurélie, décoratrice d’intérieur, fait partie des 32 % de Français qui ont décidé de miser sur une viande de meilleure qualité : « Je peux me priver de manger de la viande rouge pendant trois semaines pour investir dans un produit de qualité supérieur bio et produit localement » explique-t-elle.

Et la viande blanche ?

Moins coûteuse pour la planète que la viande rouge, la volaille constitue une sorte de pis-aller. Une étude menée par la revue médicale américaine de nutrition clinique, estime que remplacer une viande rouge par de la volaille permet de réduire de moitié son empreinte carbone. Mais si la production de poulets est bien moins émettrice de gaz à effet de serre que l’élevage bovin, son impact reste important sur l’environnement : « C’est certes moins que pour l’élevage bovin, mais si l’on multiplie ce chiffre par le nombre d’animaux concernés, le résultat est loin d’être négligeable » ; écrit l’association L214.

Pour ceux à qui un morceau de steak manquerait trop, les alternatives à la viande fleurissent désormais dans les supermarchés et restaurants. À base de protéine de pois, de blé ou de soja, ces produits imitent la texture, l’apparence et pour certains le goût de la viande. Ils séduisent un public de plus en plus large. « La France a connu un taux de croissance de 90 % dans toutes les catégories végétales dans les supermarchés. Ce taux de croissance atteint jusqu’à 100 % pour les similicarnés », rapporte Astrid Lefournier, responsable de V-Label, un label distinguant les produits végétariens et végans.

Portefeuille et santé

Geste vert s’il en est, la réduction de la consommation de viande est également un réflexe santé. En effet, d’après une étude menée par l’unité d’épidémiologie du cancer de l’université d’Oxford et publiée dans la revue médicale BMC Médicine, le risque global de cancer est inférieur de 2 % chez les personnes mangeant de la viande cinq fois ou moins par semaine en comparaison avec celles qui en consomment davantage. L’étude s’attarde également sur le lien entre consommation de viande et cancer colorectal. Ainsi, chez la population « viandarde modérée », le risque de développer un cancer colorectal est 9 % plus bas que chez les plus carnivores. Un impact confirmé par Jean-Michel Lecerf pour qui il existe « une augmentation, faible mais réelle, du risque de cancer du côlon lorsque l’on consomme trop de viande rouge ».

Que vous le fassiez pour la planète ou votre corps, sachez que cet effort aura enfin un impact sur vos finances. Manger de la viande coûte de plus en plus cher. Selon 60 millions de consommateurs, magazine produit par l’Institut national de la consommation, le prix du veau a progressé de 3 % à la fin de l’année 2021. De son côté, le bœuf connaît aussi une augmentation significative de 6 % en 2021. Entre mars 2021 et mars 2022, le prix des viandes surgelées a crû de 4,2 %. Si même votre banquier vous remercie, vous n’avez plus à hésiter…