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Empreinte carbone : Réduire sa consommation de viande rouge, un effet bœuf pour la planète

ENVIRONNEMENT Des solutions existent pour réduire sa consommation de viande rouge et soulager la planète...

W.B.
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L'élevage industriel est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre.
L'élevage industriel est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre. — GettyImages

Moins de viande rouge, un réflexe vert bien connu… et de plus en plus pratiqué. Un Français sur deux déclare avoir réduit sa consommation de viande rouge afin de limiter son empreinte carbone d’après une étude menée pour 20 Minutes par OpinionWay. Une décision bienvenue lorsque l’on connaît les effets néfastes de la filière pour la planète. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’élevage industriel est responsable à lui seul de 14,5 % des émissions à gaz à effet de serre.

Un impact fort

Et en la matière, chaque geste de consommateur compte. D’après une étude menée par l’université d’Oxford, consommation de viande et empreinte carbone évoluent de pair. Ainsi, les personnes mangeant moins de 50 grammes de viande par jour ont une empreinte carbone près de deux fois moins importante que celles consommant plus de 100 grammes de viande par jour. Simple à retenir. Ne reste plus qu’à agir.

Pour manger de la viande de manière raisonnée et durable pour l’environnement, le Réseau action climat préconise ainsi trois à quatre portions de viande par semaine. Le docteur Jean-Michel Lecerf, responsable du service nutrition à l’Institut Pasteur de Lille, conseille pour sa part « de ne pas manger plus de 500 grammes de viande rouge cuite par semaine ». A vous de voir comment vous les répartissez…

Et comment vous les choisissez. Les conditions d’élevage de l’animal que vous consommez ont un impact direct sur la planète. Pour faire un choix éclairé, on se tournera vers des produits labélisés, AB (Agriculture Biologique) par exemple. Cette appellation certifie que les animaux ont été élevés en plein air et nourris avec de l’alimentation biologique, sans OGM dangereux pour les sols. Aurélie, décoratrice d’intérieur, fait partie des 32 % de Français qui ont décidé de miser sur une viande de meilleure qualité : « Je peux me priver de manger de la viande rouge pendant trois semaines pour investir dans un produit de qualité supérieur bio et produit localement » explique-t-elle.

Et la viande blanche ?

Moins coûteuse pour la planète que la viande rouge, la volaille constitue une sorte de pis-aller. Une étude menée par la revue médicale américaine de nutrition clinique, estime que remplacer une viande rouge par de la volaille permet de réduire de moitié son empreinte carbone. Mais si la production de poulets est bien moins émettrice de gaz à effet de serre que l’élevage bovin, son impact reste important sur l’environnement : « C’est certes moins que pour l’élevage bovin, mais si l’on multiplie ce chiffre par le nombre d’animaux concernés, le résultat est loin d’être négligeable » ; écrit l’association L214.

Portefeuille et santé

Geste vert s’il en est, la réduction de la consommation de viande est également un réflexe santé. D’après les résultats d’une étude de l’American Heart Association, les graisses issues de la viande augmentent les risques d’accident vasculaire cérébral. Les patients testés par l’étude, 117.000 participants, qui mangeaient une majorité de graisses animales non-laitières avaient 16 % de risques supplémentaires d’AVC. Selon Jean-Michel Lecerf, il existe « une augmentation, faible mais réel, du risque de cancer du côlon lorsque l’on consomme trop de viande rouge ».

Que vous le fassiez pour la planète ou votre corps, sachez que cet effort aura enfin un impact sur vos finances. Manger de la viande coûte de plus en cher en cher. D’après les chiffres de France Agri-mer les prix du jambon et des charcuteries ont augmenté de 4,6 % en 2020. Si même votre banquier vous remercie, vous n’avez plus à hésiter…