Les secrets de Devon Byrne, la Usain Bolt de la crêpe

Jacques Fourtoux

— 

Devon Byrne (au centre) a remporté la course à deux reprises et espère un troisième succès, comme sa mère.
Devon Byrne (au centre) a remporté la course à deux reprises et espère un troisième succès, comme sa mère. — R. TAYLOR

INSOLITE - A Olney, à quelques kilomètres au nord de Londres, Mardi Gras est l'occasion d'une improbable course à crêpes. Lesly et Devon Byrne, mère et fille, ont remporté cette compétition et livrent leurs secrets pour réussir les crêpes et une bonne Chandeleur.

logo 20Minutes ChandeleurLa tradition est vieille de plusieurs siècles, depuis 1445 exactement. La veille du mercredi des Cendres cette année-là, une cuisinière prépare paisiblement ses crêpes sans se soucier du temps qui passe et des pêchés qu'elle doit aller confesser avant Carême. Quand les cloches de l'église retentissent, par peur d'être en retard, la ménagère sort en complet tablier-foulard-poêle à frire et court vers la paroisse.

Depuis, chaque Mardi-Gras, vingt-cinq habitantes d'Olney – 6 mois de résidence nécessaires – de plus de 18 ans courent 380 mètres dans le même accoutrement que leur ancêtre. Au top-départ, chaque concurrente doit retourner dans les airs sa crêpe déjà pré-cuite avant de lancer sa course. Un autre lancer en l'air est exécuté sur la ligne d'arrivée.

La bonne et la mauvaise crêpe

Devon Byrne, étudiante en mathématiques de 20 ans, a  battu le record en 56 secondes l'an dernier, après un premier succès en 2012. Affaire de famille puisque sa mère, Lesley, avait gagné la course trois fois (1988,1989, 1993), ce qui l'empêche de se représenter de nouveau sur la ligne de départ.

En terme de crêpes, mère et fille savent de quoi elles parlent. Même si elles doivent leurs succès à des confections bien indigestes. «Pour que la crêpe ne bouge pas dans la poêle quand je cours, je mets beaucoup de farine dans la pâte», révèle Devon. Sa mère renchérit: «Moi j'y mettais de la gélatine pour la rendre solide, mais je ne m'aventurerais pas à la manger!»

Rassurez-vous, dans cette famille où les «pancakes» sont au menu du petit-déjeuner une fois par semaine, on sait faire la différence entre une bonne et une mauvaise crêpe. «La mauvaise est lourde et épaisse, elle colle dans la poêle. La bonne a les côtés qui croustillent», détaille Lesley. Sa fille poursuit: «De toute façon, ça dépend surtout de ce que l'on met dedans. En Angleterre, habituellement c'est du sucre et du jus de citron. Moi je craque sur le Nutella!»

Huile de noix de coco et purée de banane

Et même si en plus d'être étudiante, Devon pratique l'athlétisme au niveau national, elle admet être capable de manger jusqu'à dix crêpes. «On peut utiliser une recette très saine. Des oeufs, du lait, de la farine mais pas de beurre. Dans la poêle, de l'huile de noix de coco au lieu de l'huile de tournesol.»  Et dedans? «Des fruits à la place du sucre, et surtout pas de Nutella», rigole-t-elle.

Niveau secrets, la mère se livre: «Il faut préparer la pâte la veille et la laisser reposer au frigo un jour. La poêle doit être bien chaude aussi.» Au pays des pintes de bière, Lesley ne pensait pas en agrémenter sa pâte pour la rendre plus légère. «Mais c'est une excellente idée, je vais essayer!»

Devon lâche son petit plus: «J'y mets de la cannelle et de la purée de banane. J'en presse une pour environ 8 à 10 crêpes.» Banane et noix de coco, une Chandeleur tropicale en perspective.

>>> Retrouvez tout notre dossier spécial Chandeleur par ici