Optimiam part en guerre contre le gaspillage alimentaire

CONCOURS Optimiam fait partie des dix start-up retenues par le challenge 20 Minutes - Soon Soon Soon

Laurent Bainier

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C'est en voyant un traiteur solder ses sushis que Raodath Aminou a eu l'idée d'Optimiam
C'est en voyant un traiteur solder ses sushis que Raodath Aminou a eu l'idée d'Optimiam — M. Angot/Sipa

Il est encore frais son poisson? Oui, bien sûr, mais plus pour très longtemps. Alors plutôt que de le jeter Ordralfabetix ou, plus vraisemblablement, à la poubelle, le commerçant parisien a désormais une autre possibilité. Le vendre en promotion à ses voisins, grâce à Optimiam, l’une des dix start-up sélectionnées pour notre challenge 2015.

Lutter contre le gaspillage

Optimiam (disponible sur Android et iOS) est une place de marché qui connecte les consommateurs aux commerces alimentaires pour permettre à ces derniers de vendre à temps leurs excédents de produits frais. Concrètement, l’entreprise fondée par Raodath Aminou propose une alternative aux restaurateurs, primeurs, boulangers, pâtissiers, etc. qui s’apprêtent à jeter des produits proches de leur date de péremption: les vendre à prix cassé via des promotions de courte durée. Ces promos flashs, exclusives, sont notifiées aux mobinautes se trouvant à proximité du magasin.

Les utilisateurs de l’appli gratuite, prévenus par push ou en fouillant sur l’appli, n’ont plus qu’à se rendre dans la boutique, acheter le produit et scanner une petite signalétique qui permet de mettre à jour en temps réel le stock disponible à la vente.

Attirer de nouveaux clients

Croquette de pommes de terre à -25%, boîte de mignardises à -50% ou encore bagel à -28%... Grâce aux promos, le consommateur économise et lutte contre le gaspillage alimentaire. Le commerçant, lui, évite les pertes sèches et attire dans ses rayons de nouveaux clients à qui il pourra présenter sa boutique et, éventuellement, vendre d’autres produits à plein tarif. «C’est un service gagnant-gagnant», résume la fondatrice d’Optimiam.

Sans concurrencer les banques alimentaires

Pour que l’application soit vraiment bénéfique à la société, il fallait éviter qu’elle se substitue aux dons effectués par certains commerçants aux banques alimentaires. «C’était un élément important pour nous, explique Raodath Aminou. Nous avons donc fait le choix de ne pas proposer nos services aux grandes surfaces, qui, elles, sont régulièrement démarchées par les associations pour ce type de collecte.» Ce qui n’est pas le cas de la majorité des commerces de proximité, la cible d’Optimiam. Leurs stocks d’excédents sont généralement trop faibles pour qu’une association organise une redistribution aux plus démunis.

Pour l’instant, les 85 commerces qui ont adopté Optimiam sont tous parisiens mais le service part à la conquête de la France. A terme, c’est le monde entier que Raodath Aminou pourrait conquérir, puisque son appli ne compte que très peu de concurrents. En attendant de lui ouvrir ses portes en grand, la planète lui dit d’ores et déjà merci. A vous de voir si vous voulez en faire autant en votant ci-dessous…


Pour en savoir un peu plus sur l'origine d'Optimiam:

C’est un traiteur japonais qui soldait ses invendus du jour qui lui a donné l’idée de créer Optimiam. Raodath Aminou rencontre alors le co-fondateur d'Optimiam, Alexandre Bellage, et se lance dans le chemin qu’emprunte la majorité des start-upers : levée de fonds auprès des proches, participation à un start-up week-end pour constituer une équipe d’ingénieurs et de commerciaux et un installation dans un espace de coworking (l’Espace GII, dans le 15e arrondissement parisien). En octobre 2014, la jeune femme lançait la première version de l’appli sur Android et iOS avec quelques commerçants pilotes en catalogue. Aujourd’hui près de 25.000 personnes ont téléchargé l’appli et s’en servent pour faire des économies et découvrir de nouveaux commerces. Des débuts très encourageants qui pourraient vite permettre à Optimiam de partir à la découverte de nouveaux territoires.