Mais qui es-tu, Shia LaBeouf?

CINEMA On retrace le parcours du plus fou des acteurs mainstream...

Alexis Moreau

— 

L'acteur, en pleine promo du film Man Down, à Los Angeles
L'acteur, en pleine promo du film Man Down, à Los Angeles — Chris Pizzello/AP/SIPA

Enfant star puis acteur labellisé ultra-rentable par le magazine américain Forbes en 2010 avec un ratio impressionnant de 81 dollars de recette par dollar dépensé. Shia LaBeouf avait tout pour devenir la nouvelle figure de proue du cinéma Américain, bien que personne en France n'arrive vraiment à prononcer son nom correctement. Pourtant le héros de la franchise Transformers n'a pas eu le parcours lisse et sans taches que son début de carrière aurait pu augurer. «Il appartient à cette tradition d'acteurs qui sont à Hollywood tout en étant en dehors de ce système. C'est Marlon Brando qui a incarné ça avec le plus d'éclat», explique Frédéric Foubert, journaliste à Première. Retour sur 20 ans de carrière.

Shia LaBeouf commence tôt, très tôt sa vie d'acteur puisqu'on le retrouve dès 1999, dans la série produite par Disney, La Guerre des Stevens (il est né en 1986, je vous laisse faire le calcul). C'est en 2003 que sa carrière bascule sur grand écran avec le film La Morsure du lézard.

Remarqué par les studios, il va faire plusieurs apparitions dans des blockbusters tels que Charlie's Angels 2I, Robot ou encore Constantine. En 2007 tout s'accélère. Il obtient les rôles principaux dans deux films. Le thriller pour ados Paranoïak (désolé pour la faute) et la super-production à base de robot, de voitures et d'explosions signée Michael Bay: Transformers.

Le début de la fin?

C'est après avoir accompagné Harrison Ford dans sa recherche du Royaume du crâne de cristal que le protégé de Spielberg va changer de trajectoire. «Pour moi le premier tournant c'est quand il quitte la franchise Transformers ( le dernier volet date de 2011)», explique Frédéric Foubert. A partir de là, l'acteur va changer de registre pour figurer au casting de films plus dramatiques. Des Hommes sans loi (2012), sous surveillance (2013) ou encore les deux volumes du film de Lars von Trier, Nymphomaniac.

La classe ou pas ? / by Willi Schneider/REX
La classe ou pas ? / by Willi Schneider/REX

«Mais le moment fondamental, le vrai changement, pour moi, c'est à Berlin , en 2014». Ce soir-là, l'acteur débarque sur le tapis rouge, un sac en papier sur la tête marqué de l'inscription «I'm not famous anymore», «Je ne suis plus célèbre». Pour Frédéric Foubert, cet acte n'est pas un coup de folie, pas un caprice de star, mais «une vraie démarche artistique, c'est plus profond que ça. Je pense qu'il avait envie de dire "je ne suis pas l'acteur que vous pensez".»

Et aujourd'hui?

A l'affiche Borg vs. McEnroe de Janus Metz Pedersen et prochainement de The Peanut Butter Falcon de Tyler Nilson et Mike Schwartz, Shia «joue avec le feu», explique notre interlocuteur. «Il fait preuve d'autodérision et prend le risque d'être méprisé ». L'artiste multiplie aussi les performances comme en 2015, quand il décide, pendant 72 heures, de regarder l'ensemble de sa filmographie.

>>>Retrouvez l'ensemble de nos articles sur Borg/McEnroe

Plus récemment, c'est avec le projet He will not divide us, en réaction à l’élection de Donald Trump, que l'acteur s'est illustré. Son idée ? Enregistrer sans discontinuer les personnes de passage au niveau de l'entrée du Museum of the Moving Image tout en clamant «He will not divide us». Un changement de direction artistique prévu pour durer ? c'est tout ce que l'on souhaite à l'ex-enfant star.


>>>Retrouvez notre dossier consacré à ces deux titans du tennis à l'occasion de la sortie au cinéma, le 8 novembre, de Borg/McEnroe