L’artisanat vert, un avenir durable

écologie L’économie verte n’est plus une mode, mais un mode de vie qui s’étend à toutes les branches de l’artisanat…

Marianne Clonta

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Le premier pressing Ecostarnet a ouvert en 2011.
Le premier pressing Ecostarnet a ouvert en 2011. — Ecostarnet/G.Drut

L’artisanat produit tous les ans 20 millions de tonnes de déchets, soit l’équivalent de la production nationale des ménages français, selon l'Assemblée permanente des chambres de métiers et de l'artisanat (APCMA). Autant dire que l’aspect écologique du secteur est plus que nécessaire…

L’exemple du pressing Ecostarnet, à Périgny les Dijon (Côte-d’Or en Bourgogne) montre à quel point l’économie verte peut changer la façon de concevoir une activité tout en préservant ce qui en fait son cœur de métier. Gilles Drut a créé un véritable pressing écologique, par le biais de machines économiques en eau et avec des produits uniquement biodégradables. Il s'agissait d'une reconversion sur le tard: «J'étais directeur médical à Sanofi et à 52 ans, j'ai profité d'un plan social pour me lancer», explique-t-il. Un projet qu'il avait quand même mûri en amont. Il poursuit: «Je ne me serais pas lancé si je n’avais pas pu accéder à cette technologie écologique. Mes machines utilisent un solvant particulier, qui est biodégradable. J’ai attendu six mois pour que cette technique soit au point avant de quitter ma précédente entreprise. Si c’était pour faire comme les autres, non, aucun intérêt.»

Une démarche militante à périmètre court

Il existe donc une envie de faire de l'artisanat vert. Au sein de la société Boissière et Fils, à Millau, dans l'Aveyron, Frédéric Boissière le confirme. «Quand, en 2005, l'orientation de l'entreprise familiale a changé pour passer de l'ameublement et de la menuiserie, à la fabrication de maisons en ossature bois, c’était une démarche militante et environnementale, pour un projet sociétal sur notre territoire. Il s’agissait de ne pas faire n’importe quoi.»

Boissière et Fils a donc tout misé sur le circuit court en «favorisant l’exploitation du bois français du grand Sud-Ouest, ainsi que sur les scieries locales pour l’approvisionnement. Sans oublier que notre clientèle est aussi locale, précise l’artisan. Notre zone de chalandise ne dépasse pas les deux heures de route autour de la société.»

Se mettre au vert n'est pas une question de rentabilité

Économiquement, «ce n’est pas toujours intéressant», poursuit Frédéric Boissière. «On est un peu plus cher avec du bois local qu’avec du produit d’importation. On recycle l’intégralité de nos déchets, ce qui représente aussi un coût. Aux yeux de l’artisan c’est l’état d’esprit qui prime. Si le produit est moins intéressant économiquement, mais qu’il touche une clientèle sensible à notre démarche, on a gagné notre pari. Le bouche à oreille marche aussi très bien, il nous permet d’avoir du travail en permanence», note-t-il. Les clients viennent des environs, mais aussi de plus loin, jusqu’à 40km, pour profiter de ces technologies. «Ils apprécient ma démarche environnementale et ne veulent plus aller ailleurs. Quand tous les pressings seront comme le mien, je n’aurais plus cet avantage là certes, mais, là, ce marché n’en est qu’au début», conclut Gilles Drut.

Penser à l’avenir

L'économie verte, soit l’économie qui «entraîne une amélioration du bien-être humain et de l'équité sociale, tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources», d’après le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), est à la fois un marché en devenir et d’avenir. Pour Gilles Drut, faire partie de ce mouvement, c’est «avoir un minimum d’impact sur l’environnement». Frédéric Boissière parle, lui, «d'artisanat responsable pour transmettre les entreprises à nos enfants dans de bonnes conditions.» Une façon de préparer et de préserver l’avenir.

>>>Retrouvez l'ensemble de notre dossier consacré à l'artisanat et notre infographie «5 étapes pour bien se lancer»