Pilote de chasse, profession passion

ENVOL Pour exercer ce métier, il faut de la patience et de la rigueur, ainsi qu’une bonne condition physique...

Laura Belleyme

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A 39 ans, Jean-Guillaume Martinez est pilote de chasse et démonstrateur Rafale.
A 39 ans, Jean-Guillaume Martinez est pilote de chasse et démonstrateur Rafale. — © C.Achard/ Armée de l’air

Atteindre 10.000 mètres d’altitude en moins de deux minutes, passer le mur du son en moins de 60 secondes, c’est le rêve éveillé que vivent les pilotes de chasse de l’armée de l’air. «Quand on décolle, on se sent libre, on est écrasé sur le siège, on monte vite et haut. C’est inimaginable», s’enthousiasme le capitaine Jean-Guillaume Martinez, 39 ans, pilote et démonstrateur Rafale. Avec ses coéquipiers, il s’envole pour quelques heures ou quelques mois dans le cadre de missions de combat, de dissuasion, ou encore de reconnaissance.

Le métier de pilote nécessite de suivre des études exigeantes. © JL.Brunet / Armée de l’air
Le métier de pilote nécessite de suivre des études exigeantes. © JL.Brunet / Armée de l’air

Pour exercer ce métier très particulier, les études sont longues et très exigeantes. «C’est intense, il ne faut jamais lâcher prise», reconnait Jean-Guillaume Martinez. «Cette période est assez stressante, il faut pouvoir encaisser les difficultés, se remettre en question à chaque étape. C’est la ténacité qui fait tout», explique-t-il.

Masque à oxygène et siège éjectable

Deux voies existent. La première, c’est la filière d’excellence via la classe préparatoire scientifique. Mais le capitaine Jean-Guillaume Martinez a pris l’autre chemin. Après son bac scientifique, il abandonne son DUT en 1997 pour entrer à l’armée. Là, le futur pilote suit une formation militaire classique, avec maniement d’armes et exercice de survie. Il s’initie ensuite à la théorie du pilotage, puis passe à la pratique sur de petits avions de tourisme.

La spécialité «pilote de chasse» l’amène à piloter un Alphajet, un avion école. «On est équipés d’un masque à oxygène, on est assis sur un siège éjectable, on touche enfin à notre vrai métier», raconte le capitaine. Quatre ans plus tard, la formation n’est pas terminée pour autant puisqu’il faut passer des qualifications pour pouvoir être opérationnel, puis évoluer comme leader et enfin chef de patrouille, le grade le plus élevé. En tout, Jean-Guillaume Martinez a étudié 8 ans pour devenir pilote de chasse.

Tous capables!

Pour réussir, il n’y a pas de recette miracle. Mais le démonstrateur Rafale donne le même conseil à tous les aspirants pilotes. «Certains hésitent, ne se pensent pas capables de le faire. Au collège, quand je disais que je voulais devenir pilote de chasse, beaucoup riaient.» Aujourd’hui, il a réalisé son rêve. «Beaucoup d’ados se disent qu’ils ne sont pas bons en maths. Mais ce n’est pas ce qu’on recherche», précise-t-il. De quoi raviver quelques vocations mises de côté.

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«D’un candidat simplement attiré par l’aviation à un candidat qui a déjà passé son Brevet d’initiation aéronautique (BIA) et qui fait du vol de tourisme le week-end, les candidatures sont très variées», explique le sergent Béchir, chargé de recrutement pour l’armée de l’air. «Ce qui est sûr, c’est que personne n’arrive là par hasard.»

Continuer à voler

Le capitaine Jean-Guillaume Martinez conseille aux jeunes de ne pas se décourager avant même d'avoir postulé, même le chemin semble long. © JL.Brunet / Armée de l’air
Le capitaine Jean-Guillaume Martinez conseille aux jeunes de ne pas se décourager avant même d'avoir postulé, même le chemin semble long. © JL.Brunet / Armée de l’air

Pour déposer leur dossier, les candidats doivent avoir le bac et être âgés de moins de 24 ans. L’évaluation repose sur quatre jours de tests physiques, psychotechniques et une visite médicale déterminante. Ce qui ne pardonne pas, c’est le fameux examen de la vision. «C’est 10/10 ou rien», explique Béchir. Une cinquantaine de postes sont ouverts et les élèves perçoivent 1.600€ net pendant la formation. Le salaire passe à 2.600€ net dès l’obtention du brevet de pilote.

En tant qu’officier sous contrat (OSC), Jean-Guillaume Martinez devra quitter l’armée sous peu. Déjà, il pense à sa reconversion dans le civil. Avec un objectif: «Je veux continuer à voler et je ferai tout pour y arriver.»