A Rungis aussi, on lutte contre le gaspillage

Rédaction 20 Minutes
— 
Alima, une employé du Potager de Marianne, trie les piments qui viennent d'arriver.
Alima, une employé du Potager de Marianne, trie les piments qui viennent d'arriver. — credit magazine

SOLIDARITE – Sur le marché de Rungis, chaque matin, Le potager de Marianne récupère et trie les fruits et légumes invendus pour les redistribuer aux associations d’aide aux plus démunis…


Logo 20Minutes StopGaspiA 30 centimes du kilo la tomate cerise branchée bio, vous aurez du mal à trouver meilleur marché que sur celui de Rungis. Pourtant les employés du Potager de Marianne ont beau être installés sur la plus grande halle aux produits frais du monde, magner le charriot fenwick comme des pros, ils n’ont rien du commerçant typique.


Leur boulot à eux, toute la semaine, c’est d’organiser la collecte et le tri de dizaines de tonnes d’invendus maraîchers. Des produits qui, sans leur intervention, finiraient tout droit à la poubelle. «Nous collectons chaque années près de 500 tonnes de fruits et légumes auprès des grossistes de Rungis. Plus de la moitié est récupérable. Les produits sont juste flétris ou tâchés mais toujours consommables», explique Arnaud Langlais, le coordinateur du chantier d’insertion du réseau ANDES (Association nationale de développement des épiceries solidaires) qui assure la collecte et la livraison aux associations partenaires (Restos du Cœur, Emmaüs, Secours Populaire…).

Ce qui sauve la vie de ces fruits et légumes, pas assez beaux pour être vendus aux restaurateurs ou aux primeurs, c’est pourtant bien l’argent. «Chaque grossiste a droit à un certain nombre de tonnes de produits envoyées au compost. Si il le dépasse, il doit payer une taxe de destruction. Nous leur proposons de récupérer ces produits, à condition qu’au moins 30% de la palette soit utilisable», précise Arnaud Langlais. En plus, ils font une bonne action. Depuis cinq ans que le potager s’est installé à Rungis, le bouche à oreille a fonctionné, et les grossistes sont de plus en plus nombreux à téléphoner chaque matin à Arnaud et à ses 24 employés, tous en insertion dans un programme de retour à l’emploi.

Action sociale

«L’idée était de permettre à tous d’avoir accès à ces aliments importants pour la santé, malgré le prix parfois très élevé de ces produits (tomates bio, des fruits exotiques)…»

Une fois triés, concombres, citrons et poireaux sont acheminés directement aux associations contre une participation aux frais (30 centimes le kilo, tous produits confondus) A l’épicerie solidaire Sol’épi de Chevilly-Larue, les produits sont alors stockés par Marie Bigot, la responsable de l’épicerie, qui les vendra contre une participation financière symbolique à des familles de la ville envoyées par les services sociaux.

«Nous tentons de recréer le principe d’une vraie boutique afin que les personnes qui poussent la porte ne se sentent pas stigmatisées», explique la travailleuse sociale, qui organise aussi des cours de cuisine avec les produits récoltés afin de créer un lien social. «Ces produits sont une vraie aide pour ces personnes qui ne pourraient pas se les payer chez un commerçant traditionnel. Il aurait été quand même dommage de les mettre à la poubelle.»

Alexandre Vartan