«Gunnm», un classique inclassable du manga

Succes story L'univers cyberpunk du manga a rapidement trouvé son public au Japon et bien au delà

Thierry Weber

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Gally, l'héroïne du manga «Gunnm» de Yukito Kishiro.
Gally, l'héroïne du manga «Gunnm» de Yukito Kishiro. — Yukito Kishiro/Kodansha Ltd
  • Parue entre 1990 et 1995, la saga «Gunnm» est devenue un classique du manga.
  • L’œuvre ayant franchi les frontières du Japon, une communauté de fans s’est constituée au fil des années.
  • Camille Simon, administrateur d’une page Facebook consacrée à «Gunnm», a fait part à «20 Minutes» de sa passion pour la saga.

Son héroïne amnésique laisse un sacré souvenir. Sorti entre 1990 et 1995 de l’imagination du Japonais Yukito Kishiro, le manga Gunnm est petit à petit devenu un incontournable auprès des amateurs des célèbres BD japonaises. Le premier album de cette saga d’anticipation cyberpunk a même été adapté au cinéma par James Cameron, fan de la première heure, et Robert Rodriguez. La sortie du long-métrage Alita: Battle Angel le 13 février, sera une nouvelle preuve que cette œuvre devrait être aussi reconnue que n’importe quel classique. Un fan de la franchise nous explique pourquoi.

Quand on lui pose la question, Camille Simon, fan du manga Gunnm et administrateur de la page Facebook Gunnm / B.A. Alita France a presque du mal à savoir par où commencer tant il a de choses à évoquer. Il finit par répondre. « C’est une œuvre riche, qui aborde de nombreux thèmes. Chacun pourra y trouver son intérêt. On passe du cyberpunk sale et dystopique au motorball, sport violent et extrême. L’auteur mélange philosophie, gore, action pure, technologie, drame, et j’en passe. »

Une cyborg dans un univers post-apocalyptique

Lui est tombé dedans à l’âge de 13 ans. « Comme tous les gamins, je lisais de la BD franco-belge, et un jour en librairie je suis tombé sur Gunnm. J’ai eu un coup de foudre pour cet univers post-apocalyptique. Graphiquement je le trouve super-intéressant, il m’a marqué. »

L’histoire de Gunnm est celle d’Ido, un cybernéticien qui découvre les restes d’une cyborg dans l’univers de la décharge. Il va lui donner un corps, et Gally, c’est son nom, va se découvrir des capacités physiques étonnantes. « Dans le premier tome, elle va être confrontée à un monde très violent, dans lequel elle va devenir chasseuse de prime. L’auteur utilise la ficelle bien connue du héros amnésique, mais en tire parti tout au long du récit avec la construction de l’héroïne », décrit le fan.

Des personnages riches et charismatiques

Pour Camille Simon, la richesse de l’œuvre tient d’ailleurs à la subtilité des personnages. « Ce n’est pas manichéen. Les antagonistes ne sont pas forcément mauvais. Il y a toujours une back story qui explique comment ils en sont arrivés là. Le récit pose beaucoup de questions sur la nature humaine ». Bien sûr, le manga ne serait rien sans ses personnages principaux, Ido, contrasté, et surtout Gally, qui est, d’après le fan, particulièrement charismatique.

« C’est à travers elle que l’on ressent toute la puissance de l’œuvre. On peut l’aimer autant qu’elle nous agace à certains moments. » Les émotions ressenties à la lecture seraient pour lui le marqueur d’une « œuvre bien écrite ». La communauté de fans ne peut qu’espérer que James Cameron et Robert Rodriguez soient fidèles Yukito Kishiro sur ce point aussi.