Alita, la plus belle histoire d’amitié de James Cameron

Grand écran Le film «Alita: Battle Angel» est le fruit d’une longue gestation et d’une collaboration entre plusieurs réalisateurs…

Alexis Moreau
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Le réalisateur James Cameron lors d'une rencontre à Manhattan
Le réalisateur James Cameron lors d'une rencontre à Manhattan — WENN
  • On peut dire que James Cameron a de la suite dans les idées. Cela fait maintenant 20 ans qu’il envisage d’adapter le manga «Gunnm» au cinéma.
  • Faute de temps c’est l’un de ses proches, le réalisateur Robert Rodriguez, qui a porté les aventures d’Alita à l’écran.
  • S’il délaisse la caméra sur ce film, James Cameron n’en reste pas moins producteur.

Devinette : Guillermo Del Toro et James Cameron sont dans la même pièce, que font-ils ?
Réponse A : Ils jouent à qui a la plus grosse statuette.
Réponse B : Ils discutent péloche, cadrage, profondeur de champ…
Réponse C : Ils matent des films d’animation japonais.

Comme ces derniers ont bon goût, c’est évidemment la réponse C qu’il fallait choisir. Car selon David Fakrikian, journaliste et auteur de James Cameron : L’odyssée d’un cinéaste, l’homme derrière Titanic, Avatar et Terminator producteur/scénariste d’Alita : Battle Angel (en salle le 13 février), a découvert le manga Gunnm (et donc son héroïne Alita), grâce à Del Toro. « Il y a 20 ans, ce dernier lui a montré l’animé de 1993 adapté des premiers volumes de l’œuvre. Il trouvait qu’il y avait une vraie résonance entre cet univers et le travail déjà réalisé par Cameron ». Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il ne s’est pas trompé puisque son pote James achètera, et ce dès le début des années 2000, les droits pour adapter Gunnm au cinéma.

Un projet éclipsé un temps par Avatar

En réalité, il semblerait que Cameron soit fasciné par la culture japonaise et l’univers des mangas. « De nombreuses discussions n’ont certainement pas abouti mais il me semble qu’il voulait, par exemple, adapter Patlabor », ajoute David Fakrikian.

Un projet perdu dans les limbes pour notre plus grand malheur, car, avouons-le, des combats de robots géants mis en scène par Cameron, ça aurait eu de la gueule.
Mais alors pourquoi a-t-il fallu si longtemps avant qu’Alita et son corps de cyborg ne débarquent sur grand écran ? La raison se nomme Avatar.

Robert Rodriguez reprend le flambeau

Si le film déboule dans les salles en 2009, cela fait déjà cinq ans qu’il monopolise l’esprit de son créateur. « Surtout, Cameron s’est directement mis à travailler sur les suites. Même si réaliser Alita lui tenait vraiment à cœur, il s’est vite rendu compte qu’il n’aurait pas le temps de s’y pencher avant 2025 ».

C’est là qu’un autre de ses amis : Robert Rodriguez (l’homme derrière Sin City ou encore Machete) décide de lui venir en aide. « C’était en 2015, les deux réalisateurs échangeaient alors beaucoup et Rodriguez lui aurait dit : “si tu te consacres jusqu’à tes 72 ans à Avatar, qui va faire Alita ?”».  A partir de là, Cameron confie le script et ses recherches à son confrère avec une mission : épurer un scénario trop conséquent. « Je crois que Rodriguez a coupé quelque chose comme 40 pages du script. Cameron l’a ensuite relu et il a dit “banco” », conclut David Fakrikian. Alita version manga n’avait qu’un père, sa déclinaison au cinéma en a au moins trois.