Christoph Waltz, 30 ans d’attente avant le succès planétaire

CINEMA A l’affiche du film «Alita : Battle Angel», l’acteur a multiplié les petits rôles pendant plus de 30 ans avant d’accéder à la gloire grâce à « Inglourious Basterds »

Alexis Moreau
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Christoph Waltz et Léa Seydoux dans «007 Spectre».
Christoph Waltz et Léa Seydoux dans «007 Spectre». — Sony Pictures
  • Christoph Walz a accédé à la notoriété avec le film «Inglourious Basterds» de Quentin Tarantino.
  • Avant d’incarner le colonel nazi Hans Landa, Christoph Waltz était un habitué des téléfilms et des seconds rôles. On peut le retrouver aux côtés du célèbre inspecteur Derrick.
  • Depuis son prix d’interprétation masculine au festival de Cannes 2009, l’acteur a changé de dimension.

Festival de Cannes, mai 2009. Un acteur austro-allemand né en 1956 et jusqu’ici inconnu des non-germanophones (et ils sont nombreux) remporte le prix d’interprétation masculine pour son rôle dans le dernier film de Quentin Tarantino : Inglourious Basterds. Cette surprise, c’est Christoph Waltz, à l’affiche du film de Robert Rodriguez Alita : Battle Angel, sur les écrans le 13 février. Aujourd’hui star internationale, l’interprète du sinistre Colonel Landa a longtemps enchaîné les tournages alimentaires.

Fils de parents costumiers et décorateurs de théâtre, de grands-parents comédiens, Christoph Waltz est un enfant de la scène. C’est donc tout naturellement qu’il s’inscrit dans la tradition familiale et s’envole en 1970 pour étudier les arts dramatiques au prestigieux Lee Strasberg Theatre and Film Institute à New York.

Un acteur de seconde zone

Malgré cette solide formation, son retour en RFA ne sera pas des plus simples et le jeune Christoph ne rencontre pas le succès. Pendant 30 ans il va multiplier les téléfilms, apparitions dans des séries télés, longs-métrages de seconde zone et émissions pour enfants.

« Il reconnaît volontiers avoir tourné dans plein de daubes. Il est conscient que sans Quentin Tarantino il ne serait pas là où il en est aujourd’hui. Il m’avait expliqué lors d’une interview qu’il avait honte de certains films et qu’il n’en existe aucun qu’il apprécierait de regarder encore aujourd’hui », raconte Caroline Vié, journaliste cinéma à 20 Minutes. Si nombre de ses exploits n’ont pas été diffusés en France, les téléspectateurs assidus auraient éventuellement pu repérer ce jeune acteur dans le rôle du tueur du magasin de poupées dans l’épisode 6 de la saison 3 de Rex Chien flic.

Ou donnant la réplique au célèbre inspecteur Stefan Derrick.

Il faut donc attendre 2009 pour que la vie de Christoph Waltz bascule. Quentin Tarantino lui propose un rôle d’anthologie ; celui du colonel nazi Hans Landa, surnommé le chasseur de juifs, dans son film Inglourious Basterds.

Sauvé par sa maîtrise des langues étrangères

« Ce qui est intéressant, c’est qu’il parle allemand, anglais, français et un peu d’italien (en tout cas mieux que Brad Pitt si vous vous souvenez de la scène dans le cinéma). Ce sont justement les langues utilisées dans ce film. Tarantino le dit facilement, il n’aurait jamais créé ce rôle s’il n’avait pas rencontré Waltz. C’était, pour lui, le seul et unique acteur capable de le jouer. »

Ce personnage à la fois cultivé, sadique et terrifiant va propulser l’acteur de 53 ans sur le devant de la scène internationale. « Sa bonne étoile a frappé, ajoute Caroline Vié. Il est passé du statut d’interprète de daubes en Europe à acteur double oscarisé ». Depuis cette date, Christoph Waltz a participé à 14 longs-métrages dont Carnage sous la direction de Roman Polanski (2011), Django Unchained de Quentin Tarantino (2012), Big Eyes de Tim Burton (2014) ou encore 007 Spectre de Sam Mendes dans lequel il campe le super méchant au chat blanc Ernst Stavro Blofeld. Rôle qu’il devrait d’ailleurs reprendre dans le prochain opus de la saga pour rester dangereusement vôtre.