Germinal, l'héritage

« La mine, c’est l’histoire du Nord Pas-de-Calais mais aussi de la France », explique Virginie Malolepszy

HERITAGE A l’occasion de la sortie de la série Germinal, sur Salto, « 20 Minutes » explore l’héritage des mines françaises

Jeanne Lemercier
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Les terrils, symbole d'une histoire dont la portée dépasse le Nord
Les terrils, symbole d'une histoire dont la portée dépasse le Nord — Fevez/Sipa

Mis à l’honneur dans la nouvelle série Germinal, diffusée sur Salto, le bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2012. Virginie Malolepszy, directrice des archives du centre historique minier près de Douai, évoque pour 20 Minutes ce trésor de l’humanité.

Vous avez travaillé à l’inscription du bassin minier au patrimoine mondial de l’Unesco. Dans quelle mesure était-ce essentiel ?

Le but était de livrer un témoignage universel. Les mines sont présentes dans le monde entier, elles font partie d’une histoire collective. Le bassin est classé dans une catégorie particulière, celle d’un patrimoine évolutif vivant : nous sommes sur un paysage qui a changé par le fait de l’homme, un territoire qui s’est construit au fil des 270 années d’exploitation du charbon [de 1720 à 1990]. L’héritage est très important.

Concrètement, de quel héritage s’agit-il lorsqu’on évoque les mines de charbon ?

Il y en a plusieurs ! Il y a d’abord un héritage technique, avec l’exploitation des fosses, ses méthodes, ses outils. Il y a aussi un héritage architectural, avec les infrastructures liées aux hommes, notamment l’habitat minier. Enfin l’héritage social : des traditions, les loisirs, la santé, l’éducation… Le périmètre classé à l’Unesco ne concerne pas l’intégralité du bassin minier : il mesure 120 km de long sur 6 à 12 de large.

C’est aussi toute cette histoire que transmet le Centre historique minier, dont vous dirigez les archives ?

Oui, en 1984, presque vingt ans avant l’inscription au patrimoine mondial, et avant même la fermeture du dernier puits d’extraction le 21 décembre 1990, le centre a ouvert ses portes au public. C’est à la fois un musée, un centre d’archives et un centre de culture scientifique de l’énergie. C’est une opportunité pour les visiteurs [150.000 chaque année] d’être plongé dans un site minier et dans la vie des mineurs, de découvrir ce qu’est le charbon et de replacer la question du charbon au cœur des énergies.

Comment parvenez-vous à rendre ce musée attractif malgré son lourd passé ?

On peut imaginer que la mine est un sujet qui n’attire pas, mais c’est faux. Beaucoup viennent pour chercher à comprendre, ou pour trouver leurs racines. La mine, c’est notre histoire, l’histoire du Nord Pas-de-Calais mais aussi de la France. L’industrie du charbon a participé de la reconstruction de la France après les deux guerres. On y vient aussi pour vérifier si ce qu’on en dit est vrai tant cela peut paraître incroyable. C’était le cas après la sortie du film Germinal : des files d’attente immenses, on sentait que les gens avaient besoin de se replonger dans leur passé.

Centre historique minier de Lewarde, musée de la mine du Nord-Pas de Calais, centre d’archives et centre de culture scientifique de l’énergie, fosse Delloye, rue d’Erchin 59287 Lewarde, Tél : 03 27 95 82 82, chm-lewarde.com.