Continuité pédagogique et reconfinement, les profs ont appris la leçon

Formation Mise à l'épreuve par l'épidémie de Covid-19, la continuité pédagogique est mieux assurée pour le reconfinement 

Jade Raffat
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Enseignants et étudiants ont les outils, mais demeure un problème : un accès à Internet pour tous.
Enseignants et étudiants ont les outils, mais demeure un problème : un accès à Internet pour tous. — mixetto / Getty Images Plus

Zoom, Slack, Moodle, WhatsApp, Hangouts… Des outils, les professeurs et les élèves de l’enseignement supérieur n’en manquent pas pour poursuivre les cours pendant le confinement. Mais encore faut-il en faire bon usage : « Le "tout à distance" a des limites en matière d’organisation, de suivi, de motivation et même de réussite pour ceux qui n’ont pas le matériel nécessaire », remarque Amélie Petitdemange, journaliste spécialiste de la formation pour L’Etudiant.

« On s’est rendu compte qu’il fallait transformer nos cours »

Elle constate cependant une amélioration par rapport au premier confinement : « En mars, tout s’est fait un peu dans la panique et certains établissements n’avaient pas le matériel adéquat ni suffisamment d’enseignants disponibles pour assurer les cours. Maintenant, tout le monde a pris l’habitude. » Le premier confinement a été brutal, il a fallu s’adapter : « Au début, les profs transposaient en ligne les leçons qu’ils faisaient normalement en présentiel. Petit à petit on s’est rendu compte qu’il fallait transformer nos cours », se souvient André Tricot, professeur de psychologie et spécialiste du numérique éducatif. « Avec le distanciel, on doit penser tous nos gestes pédagogiques à l’avance », remarque également Jeanny Prat, vice-présidente de l’Association des professeurs de langues vivantes (APLV).

L’enjeu, pour cette deuxième vague, reste avant tout de maintenir le lien entre élèves et professeurs. « Selon les effectifs, on utilise des solutions différentes : cours en ligne, vidéos préenregistrées, séances de questions-réponses, etc. », illustre André Tricot. Certains enseignants ont également mis en place des espaces de discussion « via WhatsApp notamment », note la journaliste de L’Etudiant. L’e-learning est cependant plus exigeant pour les élèves comme pour les enseignants : « Il faut plus de préparation pour nous et plus d’investissement et d’autonomie dans l’apprentissage pour eux », commente le professeur de psychologie. Malgré tout, ce deuxième confinement est abordé plus sereinement : « On a beaucoup travaillé pour l’anticiper et assurer un bon suivi pédagogique », affirme André Tricot.

Pallier les difficultés de connexion

Si l’enseignement supérieur à distance est temporaire (espérons-le), l’urgence reste de pallier les difficultés de connexion : « Il faut qu’on arrive à repérer les étudiants qui sont dans ce cas pour leur proposer des solutions, comme l’envoi de SMS », explique Jeanny Prat. Et puis, même si les outils commencent à être maîtrisés, « il faut savoir qu’apprendre à distance c’est avant tout une fracture dans l’autonomie d’apprentissage. On doit être plus précis et explicite dans nos consignes », déclare le spécialiste du numérique éducatif. Plus que jamais, tout est question d’organisation : « A avoir et à repenser jour après jour », commente la représentante de l’APLV.