« La mort si on en parlait », une émission pour que la mort vive au-delà de la Toussaint

INTERNET Vous vouliez penser à autre chose pour la Toussaint ? C’est mort !

Camille Poher

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La première édition de La Mort si on en parlait a eu lieu l'année dernière à Marseille.
La première édition de La Mort si on en parlait a eu lieu l'année dernière à Marseille. — MAIF

Un reconfinement en pleine Toussaint, de quoi craindre pour nos morts ? Pas vraiment, puisque l’accès aux cérémonies et enterrements demeure ouvert dans une limite de trente personnes, contre six pour un mariage. Une preuve s’il en fallait que la mort fait bien partie de nos vies. C’est pourquoi l’assureur Maif a décidé de prendre à bras-le-corps ce tabou encore bien ancré chez beaucoup de Français avec son assemblée «  La mort, si on en parlait ? », dont 20 Minutes est partenaire.

Adaptée au contexte sanitaire actuel, le rendez-vous prendra la forme d’une émission diffusée en direct ce dimanche 1er novembre. Pour Thierry Monminoux, vice-président du groupe Maif, l’objectif est de désacraliser la parole autour du deuil et aborder ce moment, souvent douloureux, sous un angle pédagogique. « La mort est un sujet aux ramifications délicates à traiter mais c’est aussi l’histoire de la vie », explique-t-il.

Psy, associatifs, artiste

Initiée en 2019 en partenariat avec le Groupe VYV, l’émission « La mort, si on en parlait ? » est la deuxième édition du genre et comportera cette année trois temps forts : le deuil ou comment préparer ce moment de vie, le numérique ou l’idée de la postérité éternelle et enfin l’impact sociétal, soit la genèse de l’idée de mort dans nos sociétés. Pour nourrir ces trois thématiques, ce sont au total sept intervenants (psychologue, neuropsychiatre, gérant d’association, etc.) qui se passeront le micro autour de différentes tables rondes. On y trouvera notamment le chanteur Tété, Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et éthologue, Christophe Fauré, psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement des ruptures de vie ou encore Marie-Frédérique Bacqué, psychologue et auteure de nombreux ouvrages sur la fin de vie.

Un temps de parole nécessaire selon Thierry Monminoux alors qu’en France cette année près de cinq millions de personnes sont concernées par le deuil :

« Nous vivons dans une époque ou même présenter ses condoléances semble délicat. La mort est soit passée sous silence soit abordée de façon ironique. »

Pourtant elle doit être préparée, qu’on la voie arriver ou non. C’est le cas notamment de la perte d’un enfant car « même s’il est insupportable de l’envisager, c’est un sujet qui mérite largement d’être anticipé », conseille le professionnel.

La vie numérique après la mort

« La mort si on en parlait » s’attache donc à conscientiser ce moment de vie mais aussi à préparer son après, notamment sous l’angle du numérique, plus que d’actualité en 2020. « Tout un chacun ou presque exerce une vie numérique aujourd’hui », explique le vice-président du groupe Maif. « Lorsque vous mourrez, que devient votre adresse mail par exemple ? Qui gère vos réseaux sociaux ? » Autant de questions auxquelles tenteront de répondre différents experts pour s’ouvrir à une thématique plus large : celle de la trace que souhaite laisser l’humanité.

Préparer son départ, accompagner ses proches dans un deuil, laisser une marque de son passage… « La mort, si on parlait » tente de libérer la parole sur un sujet aussi tabou qu’universel et prouver du même coup qu’une conférence sur la mort en 2020 ce n’est pas forcément du suicide.

« La mort, si on en parlait » se tiendra en direct ce dimanche 1er novembre à 17 h via la page dédiée www.lamortsionenparlait.fr. Totalement gratuite, pour y accéder il vous suffira uniquement d’indiquer votre nom, prénom et adresse mail. Une identification qui vous permettra ensuite de rejoindre le dispositif de tchat en direct effectif durant les 90 minutes de l’émission. Pour les retardataires, pas de panique, l'émission sera redifusée dès lundi 2 novembre sur la même page avec en supplément de nombreuses vidéos et reportages.