L'Occitanie ne manque pas d'énergies

Occitanie : L’éolien flottant en mer, un nouvel eldorado pour l’énergie ?

TRANSITION Afin de produire plus d’énergies renouvelables, la région Occitanie se tourne vers une nouvelle forme d’éolien flottant en mer. Une énergie plus propre mais également plus rentable

Elna Hartman

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Les éoliennes ne seront pas posées sur les fonds marins mais flotteront. ILLUSTRATION
Les éoliennes ne seront pas posées sur les fonds marins mais flotteront. ILLUSTRATION — Grassetto / iStock / Getty Images Plus
  • La région Occitanie va installer deux nouveaux parcs éoliens en mer, à Gruissan (Aude) et au Barcarès (Pyrénées Orientales).
  • Ces installations font office de tests. L’impact sur la biodiversité n’a pas été évalué et un suivi scientifique sera mis en place pour les différentes espèces concernées.

Du vent dans les pales. Avec leurs grandes hélices blanches et leur pied de plusieurs dizaines de mètres, les éoliennes représentent 6 % de la consommation d’électricité en France, selon le Réseau de transport d’électricité (RTE). Un pourcentage que le gouvernement espère voir progresser. Car d’ici fin 2021, plusieurs projets expérimentaux d’éoliennes flottant en mer devraient voir le jour. En Occitanie, deux parcs vont être installés, souligne Agnès Langevine, vice-présidente Europe Ecologie Les Verts du Conseil régional. L’une au large de Gruissan (Aude), l’autre non loin du Barcarès (Pyrénées Orientales).

« Ce sont de petits projets expérimentaux », explique François Piccione, responsable océans, mer et littoral à France Nature Environnement (FNE). Avec leur construction, l’agrandissement du port de Port-la-Nouvelle et les retombées économiques attendues, la région Occitanie veut se positionner sur ce secteur et être entièrement en « énergie positive » d’ici 2050. Chaque site sera composé de trois ou quatre éoliennes au maximum. Situées à 16 km des côtes, ces structures seront moins visibles que celles plantées au milieu des champs. Là, au cœur des vagues, elles seront montées sur des flotteurs d’acier et de béton, puis reliées au réseau électrique via un câble marin enterré.

Des compensations pour préserver la biodiversité

« Pour la première fois, nous allons avoir une énergie presque aussi rentable que le nucléaire », continue François Piccione. Et pour cause, avec un vent plus fort en moyenne en mer que sur terre, la production d’électricité sera plus importante et le coût de revient diminuera. « C’est une énergie porteuse d’espoir sur laquelle la France doit s’appuyer. » Pour autant, l’impact sur la biodiversité reste à évaluer. « Il s’agit d’un test, souligne Agnès Langevine. Nous allons mettre en place des suivis scientifiques pour mesurer l’impact sur le milieu marin et sur les oiseaux. »

L’élue raconte que le projet a été étudié en co-construction avec le Parlement de la mer, les acteurs locaux et des associations de défense de l’environnement. « L’impact a été évalué en amont, et nous allons faire des compensations. » Les turbines pourront par exemple être mises à l’arrêt lors du passage d’oiseaux migrateurs. « Il est clair que nous allons être vigilants sur les conséquences sur la biodiversité, souligne François Piccione. Nous allons étudier l’impact sur les fonds marins comme sur les oiseaux. » Si cette phase de test est concluante, les premières éoliennes flottantes devraient être commercialisées dès 2025. Bon vent !