Le prêt bancaire, la seule option pour certains étudiants

budget Faute de ressources financières suffisantes, certains jeunes se tournent vers les emprunts bancaires

Elna Hartman

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Beaucoup d'étudiants choisissent de faire un prêt pour suvenir à leurs besoins.
Beaucoup d'étudiants choisissent de faire un prêt pour suvenir à leurs besoins. — G. Michel / Sipa

S’engager dans des études supérieures représente un véritable budget. Entre le loyer et les frais de scolarité, certains étudiants n’ont d’autre choix que de se tourner vers un emprunt bancaire. « Il me fallait 40.000€ pour l’école de commerce et le logement », raconte Louise.

Originaire d’une petite ville de 10.000 habitants, cette étudiante de 22 ans s’est tournée vers l’agence bancaire de ses parents. « Ils ont été surpris que je demande autant. Ils n’avaient pas l’habitude de ce type de montant. » Après être passé par les méandres des instances dirigeantes de l’agence puis du siège, son dossier a été validé. « Si j’avais fait appel à une banque partenaire, ça aurait été beaucoup plus simple et rapide. »

Les banques cherchent des dossiers solides

Car pour attirer de nouveaux clients, certaines agences bancaires n’hésitent pas à négocier des taux préférentiels avec des écoles. « A certains de mes amis, leur banque a juste demandé combien ils voulaient. » Seule exigence alors : avoir un dossier solide, donc un garant. Et quand la famille ne peut être caution, l’État prend le relais pour les moins de 28 ans jusqu’à 15.000€ d’emprunt maximum.

« Une aide bienvenue, car avec l’augmentation du coût des études et la paupérisation, certains étudiants ne peuvent prendre un appartement qu’avec un apport financier », souligne Orlane François, présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage).

Autre différence avec un prêt classique, l’emprunt étudiant a souvent un remboursement différé de plusieurs années. C’est le cas pour Louise, qui commencera à rembourser son prêt seulement à la fin de ses études. « Si je veux honorer mes dettes, il me faudra rester dans le commerce pendant au moins cinq ans et ne pas vivre à Paris, souligne-t-elle. Ce qui est compatible avec mon projet de vie. »

Des difficultés à rembourser les sommes empruntées

Clément, lui, a dû demander à ses parents de mettre la main à la poche. A sa sortie du bac, ce journaliste de 24 ans contracte un prêt de 7.000€ pour une prépa. Mais voilà, il n’arrive pas à atteindre ses objectifs et échoue. Deux ans plus tard, et alors qu’il est toujours étudiant, il doit sortir 200€ par mois pour rembourser cet emprunt. « Ce n’était pas dans mes capacités financières. Mes parents ont pris en charge cette somme. »

Puis, il finit par réussir son école de journaliste et doit de nouveau contracter un prêt. Cette fois-ci, il demande 13.000€ à sa banque. Et après sa sortie d’école, il lui reste deux ans avant de devoir rembourser. D’ici là, le journaliste espère avoir trouvé une certaine stabilité économique pour s’acquitter lui-même de cet emprunt.