Automobile: L’endurance cherche à conquérir un public plus jeune

OPERATION SEDUCTION Les 24 Heures du Mans poursuivent leur course à l’audience avec en ligne de mire une jeune génération plus difficile à intéresser

Augustin Chalot

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Lors de l'édition 2018 des 24 Heures du Mans.
Lors de l'édition 2018 des 24 Heures du Mans. — Thibault Camus/AP/Sipa
  • Les 24 Heures du Mans ont réussi à attirer plus de 250.000 personnes lors de l’édition 2018.
  • Néanmoins, la moyenne d’âge des spectateurs oscille entre 40 et 50 ans.
  • L’Automobile club de l’Ouest (ACO), organisateur de la course, cherche à rajeunir son public.

Rajeunir Michel Vaillant, et surtout son public. Tel est l’objectif des 24 Heures du Mans. La mythique course d’endurance a toujours autant de succès, ils étaient 256.900 à y assister en 2018. Mais « le spectateur de course automobile oscille entre 40 et 50 ans », soulève Pierre Fillon, président de l’Automobile club de l'Ouest (ACO) et organisateur de l’événement. « Il faut aussi cibler les moins de 25 ans, les jeunes sont moins concernés par les courses automobiles et il faut changer cela, car ce sont les fans de demain », ajoute Didier Laurent, journaliste automobile.

Comment intéresser les plus jeunes à la course auto, et particulièrement à l’endurance ? « En humanisant ce sport. Aux 24 Heures, nous essayons de rapprocher le spectateur des pilotes, des voitures, de la préparation de course… », explique Pierre Fillon. « Il est même possible de suivre les 24 Heures dans une fan zone, où des professionnels expliquent et analysent la course en direct. » Il faut rendre la course plus accessible et « permettre réellement aux spectateurs de se rapprocher physiquement, de goûter à l’ambiance des paddocks », ajoute Didier Laurent. Ce qui est déjà possible lors d’essais nocturnes au Mans, mais il faut aller plus loin pour le journaliste, même s’il reconnaît que « l’organisation essaie de créer une émulation avec le public. »

Changer l’image de l’automobile de course

Alors que la F1 faisait une entrée fracassante sur Netflix l’année dernière, suivant au plus près les pilotes en lice pour la victoire finale, l’endurance serait prête à s’en inspirer. « Nous réalisons déjà un film de 90 minutes chaque année pour résumer et montrer les “à côté” des 24 Heures », explique le président de l’ACO. « Nous réfléchissons aussi à une série pour montrer la course sous un autre angle. Le scénario est en pleine écriture, c’est un projet déjà dans les tuyaux ! » Autre projet, hollywoodien cette fois-ci, un film est également attendu d’ici la fin de l’année 2019. Au casting, Christian Bale et Matt Damon, pour une immersion sur les circuits du Mans sur grand écran « dans les coulisses de la rivalité Ford-Ferrari en 1966. »

De beaux projets mis en route, mais est-ce suffisant ? Pas sûr si l’on en croit Didier Laurent : « Il me paraît indispensable de faire évoluer les technologies utilisées dans les voitures de courses. Les jeunes générations s’intéressent plus à l’écologie et à l’énergie que leurs grands-parents. » La Mission H24, gérée conjointement par l’ACO et l’entreprise GreenGT, a justement pour ambition de faire concourir une voiture électrique équipée de recharges à hydrogène. « Nous travaillons sur le 0 émission, la création d’une catégorie hydrogène en 2024 est une première étape. »

L’ACO multiplie les pistes pour rajeunir son image et celle des 24 Heures du Mans. Mais attention, pour Didier Laurent, « il ne faut surtout pas faire les choses dans l’urgence. » Ne pas céder à la vitesse, mais être persévérant. À l’image des 24 Heures du Mans.