A 27 ans, Pierre Thiriet est ce qu’on appelle un "gentleman driver". Fils de Claude Thiriet, fondateur de la société de surgelés éponyme, il travaille dans l’entreprise familiale, en tant que directeur adjoint d'un site de production. Mais quelques week-ends chaque année, les Sundays caramel estampillés Thiriet sont troqués pour un volant de voiture de course. Le 18 juin 2016, ce "pilote du dimanche"  prendra même le départ des 24 Heures du Mans pour la sixième fois consécutive. Pas mal pour un amateur!

Vainqueur du championnat European le Mans series (ELMS) en 2012, vice champion en 2013 et 2015, deuxième aux 24 Heures du Mans en 2012 et 2014 en catégorie Le Mans prototype 2 (LMP2)… Un palmarès plutôt impressionnant pour un pilote qui, de son propre aveu, «ne roule pas énormément».  A en juger par ses résultats, moins d’entraînement ne l’empêche pas de briller. «Le sport automobile repose beaucoup sur une part de cérébral. Bien sûr, rouler souvent aide, mais une bonne vision mentale de ce que l’on souhaite réaliser permet de se rapprocher d’un niveau vraiment élevé», explique le jeune homme.

Une passion d’enfant

Pour lui, pas question pourtant de faire du pilotage son métier. «Quand je vois les pros se battre toute l’année pour avoir une place, je me dis que mon avenir n’est pas là.» Il s’agit avant tout d’une passion qui remonte à l’enfance, et aux souvenirs de son «père qui regardait les courses à la télé», ou «des voitures de sport à la maison». Claude Thiriet l’a d’ailleurs beaucoup encouragé sur la piste du pilotage. «A mes 19 ans, mes parents m’ont poussé dedans et m’ont aidé à progresser, raconte le jeune homme. Pour mon anniversaire, mon père a appelé une équipe de course. Le courant est bien passé avec eux et j’ai eu tout de suite un bon ressenti dans la voiture.» Deux mois plus tard, Pierre Thiriet participait à son premier championnat européen d’endurance.

«Faire corps avec la machine»

Bien sûr, être né dans une famille aisée a beaucoup aidé Pierre à percer. C’est le côté gentleman du driver. «Dans le sport automobile, il faut apporter du financement. Au début c’est indispensable. Mais petit à petit nous avons trouvé des partenaires», se réjouit le fils Thiriet. Ce qu’il doit à l’entreprise de son père, Pierre le rend par son implication au travail. «Je parviens à lier le pilotage et mon travail. C’est avant tout une bonne organisation, et bien sûr quelques petits sacrifices», déclare le jeune homme.

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Pour conjuguer travail et passion, il s’appuie sur les nombreux points communs entre les deux milieux. «Même si dans la voiture un seul pilote conduit, énormément de monde accomplit un super boulot derrière. Cet esprit d’équipe, je le retrouve en entreprise. Dans les deux cas, pour progresser, il faut tout le temps se remettre en question», compare Pierre Thiriet. A choisir entre ces deux mondes, pas d’hésitation, le travail ressort vainqueur pour le fils de Claude Thiriet. Mais autant que possible, le gentleman driver désire continuer à «faire corps avec la machine», et pourquoi pas cette année encore décrocher un podium au Mans.