Le suspense de retour aux 24h du Mans grâce à l'Hypercar

COURSE Sur la grille de départ, les 21 et 22 août, les spectateurs des 24 heures du Mans verront s'aligner cinq Hypercars. Les nouvelles reines de la course d'endurance rebattent totalement les cartes de la compétition

Assia Hamdi

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Parmi les trois modèles d'hypercars en lice aux 24h du Mans cette année, la Toyota GR010 est la seule à disposer d'une motorisation hybride.
Parmi les trois modèles d'hypercars en lice aux 24h du Mans cette année, la Toyota GR010 est la seule à disposer d'une motorisation hybride. — Maurice Volmeyer

Mais où est donc l’Hypercar ? Au Mans, pardi ! C’est l’une des attractions du championnat du monde d’endurance 2021 (le WEC) et de la 89e édition des 24 heures du Mans, les 21 et 22 août prochains. La promesse de cette nouvelle catégorie reine : assurer à la fois l’équité et le spectacle. « Les voitures devront fonctionner entre telle et telle fenêtre au niveau aérodynamique », détaille Mickael Choplin, expert au sein de l’Automobile Club de l’Ouest, organisateur de la course. Les recherches ne devront donc pas être trop poussées. »

Avec un temps au tour de 3 minute 30, les Hypercars seront aussi « plus lourdes » et moins rapides que leurs prédécesseures, les LMP1, avec 3 minute 19 par tour. « On réduit la puissance pour réduire les coûts », ajoute Mickael Choplin. Dans cette nouvelle catégorie, les constructeurs pourront néanmoins imaginer des voitures à l’architecture variée, de quoi susciter l’intérêt du spectateur, de retour après une édition 2020 à huis clos. « En LMP1, un passionné avait du mal à différencier une Toyota d’une Porsche. » Deux types de voitures pourront s’affronter en Hypercar : des modèles Le Mans Hypercar dès cette année, et Le Mans Daytona h, dès 2022. Avec un objectif : qu’elles jouent bientôt des coudes aux 24 heures du Mans et aux 24 heures de Daytona.

Favori à sa succession, Toyota reste en danger

Vainqueur des trois dernières éditions du Mans ainsi que des manches de Spa et Portimão cette saison, Toyota Gazoo Racing débarque au Mans avec assurance. « Ils ont de l’expérience : ils sont présents en endurance depuis 2012 », confirme Mickael Choplin. Pour autant, la branche sportive du constructeur nippon reste sous pression.

« Nous devons assumer notre statut de favori, mais sur une nouvelle catégorie, avec une nouvelle voiture, et une nouvelle réglementation », nuance Pascal Vasselon, son directeur technique. Sans oublier la concurrence solide sur cette première édition. « La voiture d’Alpine est très fiable, argumente Mickael Choplin. Puis, ils ont l’expérience des 24 heures du Mans et ils ont été champions du monde d’endurance en LMP2. »

D’après Mickael Choplin, Glickenhaus, qui s’est alliée cette saison à la structure allemande Joest Racing, est « bien expérimentée puisqu’elle a remporté plusieurs éditions avec Audi dans les années 2000 et 2010 ». Un autre facteur pourrait être déterminant selon Mickael Choplin : la motorisation hybride, dont Glickenhaus et Alpine sont encore dépourvus, et qui donne à Toyota de la puissance supplémentaire. « Le success handicap (un rééquilibrage sportif, Ndlr) a été décidé sur les deux premières courses de la saison pour éviter trop d’écart avec Toyota », développe Mickael Choplin. « Pour Le Mans, on ne sait pas encore. »

Du spectacle en prévision du centenaire de 2023

Cette nouvelle réglementation « Hypercar » n’arrange pas Pascal Vasselon. « On ralentit les bonnes voitures. Mais les courses et les luttes vont être très rapprochées, poursuit le directeur technique, donc le spectateur sera ravi. On peut s’attendre à une compétitivité inédite depuis les années 1970 ou 1980. »

Et ça pourrait bien durer : si Peugeot « entretient encore le flou » sur son retour dans l’épreuve mancelle, précise Mickael Choplin, la marque au lion a d’ores et déjà annoncé sa présence en 2022 sur le championnat d’endurance avec sa surprenante 9X8 Hypercar. Sans oublier qu’en 2023, année du centenaire des 24 Heures, les trois constructeurs les plus titrés reviendront : Porsche, recordman avec 19 éditions, ou Audi, 13 fois titré entre 2000 et 2016, et Ferrari, vainqueur à neuf reprises entre 1949 à 1965. « Non seulement on aura de grands constructeurs sur la ligne de départ cette année, mais les années suivantes, ils vont tous vouloir gagner. » Une Hypercourse, en somme.