Essence, diesel… Le moteur thermique est-il bon pour la casse?

Propulsion Les Assises de l’automobile, qui se tenaient le 29 mars au Mans, ont été l’occasion de débattre sur la fin supposée, ou non, des moteurs thermiques à l’horizon 2040

Augustin Chalot

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La fin du moteur thermique se prépare... doucement.
La fin du moteur thermique se prépare... doucement. — M. Fourmy/Sipa
  • Les acteurs de la filière automobile discutaient de la fin du moteur thermique aux Assises de l’automobile, le 29 mars au Mans.
  • D’ici à 2025, 100 % des gammes proposées devraient être disponibles en électrique.
  • Pour autant, la production de véhicules à moteur thermique ne devrait pas s’arrêter avant 2040, au plus tôt.

« En 2040, fini le diesel, le thermique et l’hybride… 100 % de nos véhicules seront électriques ou hydrogénés. » Luc Chausson, directeur projets stratégiques Volkswagen France, présent aux Assises de l’automobile au Mans le 29 mars, a le goût des phrases fortes. Simple effet d’annonce ou réel choix de la part du constructeur allemand ? Une chose est sûre, la date de 2040 est dans toutes les têtes. Elle avait été annoncée en 2017 par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire. Elle est toujours inscrite dans le plan climat, signe de la volonté du gouvernement d’en finir avec les énergies fossiles et polluantes. Un choix qui implique une adaptation de l’ensemble des constructeurs. « Il y aura plusieurs étapes, bien sûr. Nous tablons sur 80 modèles électriques et 100 % des gammes proposées avec une possibilité électrifiée en 2025 », ajoute Luc Chausson.

Linda Jackson, présidente de Citroën, assure que « ces annonces obligent les constructeurs à réagir. Citroën proposera elle aussi 100 % de ses modèles avec une version électrifiée d’ici 2025 ». Même si ce n’est pas si simple, d’après la dirigeante : « Ce n’est pas la fin du thermique. Les clients demandent encore très majoritairement des véhicules diesel et essence, notamment celles et ceux qui ont de longs trajets à faire. Il ne faut pas arrêter de proposer des offres pour tous. » Une façon élégante de dire que progresser sur l’électrique est primordial, mais qu’il n’est pas question d’abandonner les autres technologies pour l’instant : « On essaie de proposer beaucoup de solutions : essence, diesel, hybride, hydrogène, électrique… »

L’électrique en remplacement, le futur a un coût

Malgré tout, le changement reste pour maintenant. À partir de 2021, les voitures vendues dans l’Union Européenne ne devront pas dégager plus de 95g/km de CO2 contre 130 g/km aujourd’hui. Des obligations de résultat trop élevées pour les moteurs à combustion interne. « Nous atteignons les limites de rendement de cette technologie. Gagner en consommation sur le thermique prend trop de temps et coûte trop cher », assure Luc Chausson. Un constat que ne partage pas Clément Leroy, ingénieur conseil au sein de chez Wavestone : « De nombreuses innovations améliorent sensiblement les moteurs thermiques. Les nouveaux modèles sont très propres, plus légers… »

Si le débat fait rage sur la fin supposée ou non des moteurs thermiques, l’ensemble des constructeurs présents aux Assises de l’automobile partagent le même objectif pour l’avenir : investir et développer l’électrique et l’hybride. Des enjeux considérables pour la filière automobile qui représente 18 % du chiffre d’affaires de l’industrie manufacturière et emploie plus de 400 000 personnes  en France.