GreenGT, la voiture qui carbure à l’hydrogène

Automobile L’entreprise basée en Suisse veut concurrencer les moteurs thermiques aux 24 Heures du Mans

Augustin Chalot

— 

Toute l'équipe de GreenGT avec la LMPH2G
Toute l'équipe de GreenGT avec la LMPH2G — Antoine Coste Dombre/20 Minutes
  • En septembre 2018, GreenGT annonçait le lancement du projet Mission H24 en collaboration avec l’Automobile club de l’ouest (ACO), organisateur des 24 Heures du Mans.
  • Christophe Ricard, le président de GreenGT, présentait son prototype aux Assises de l’automobile, jeudi 28 mars au Mans.
  • En 2024, les 24 Heures du Mans accueilleront pour la première fois une catégorie dédiée aux voitures à propulsion à hydrogène.

« Notre objectif est d’entrer en compétition sur le circuit cette année », clame fièrement Christophe Ricard. Le président de GreenGT présentait son prototype aux Assises de l’automobile, jeudi 28 mars au Mans. « La barre est assez haute, nous allons nous comparer au top du top en course d’endurance, au milieu de voitures et de technologies confirmées. C’est un challenge excitant, prouver que l’hydrogène peut concurrencer le thermique ! » Voilà l’un des objectifs de la société créée en 2008 par une bande de passionnés, avec la « conviction que la combinaison entre moteur électrique et stockage d’hydrogène est l’avenir de la mobilité. »

En septembre 2018, GreenGT annonçait le lancement du projet Mission H24 en collaboration avec l’Automobile club de l’ouest (ACO), organisateur des 24 Heures du Mans. C’est grâce à cette entente que l’écurie H24 Racing a vu le jour et développe la LMPH2G, le prototype de voiture de course électrique-hydrogène de GreenGT.

Une première étape

« Faire courir notre voiture cette année n’est que la première étape. » Le constructeur annonce d’ailleurs des performances impressionnantes pour sa voiture. Quatre moteurs électriques d’une puissance totale de 653 chevaux (contre environ 600 pour une LMP2), les 100 km/h atteints en 3,4 secondes et une autonomie annoncée égale aux moteurs thermiques.

La LMPH2G de GreenGT
La LMPH2G de GreenGT - Antoine Coste Dombre/20 Minutes

En 2024, les 24 Heures du Mans accueilleront pour la première fois une catégorie dédiée aux voitures à propulsion à hydrogène. Une première mondiale dans une compétition de cette envergure, preuve de l’intérêt grandissant pour les moteurs électriques couplés à de l’hydrogène. Didier Laurent, président de l’Auto press club, est lui aussi enthousiaste : « Le projet H24 est intéressant. La technologie est nouvelle et mérite d’être testée. » Pour le journaliste spécialisé, « le championnat du monde d’endurance et les 24 Heures du Mans ont compris qu’ils avaient besoin de se remodeler. C’est excitant d’imaginer une catégorie hydrogène en 2024. »

De la course aux transports

Prouver l’efficacité de l’hydrogène en compétition est primordial, mais ce n’est là aussi qu’une étape pour le président de GreenGT : « Notre voiture est un démonstrateur. Ce que l’on veut montrer c’est que la mobilité durable ne peut se faire que via l’hydrogène, en tout cas au vu de nos connaissances techniques et scientifiques d’aujourd’hui. » La preuve par la course donc, mais avec la conviction que cette technologie est l’avenir de l’automobile civile.

« Le moteur électrique est idéal pour la voiture de demain, la technologie est mature, maîtrisée. » Pourquoi une si forte conviction dans l’hydrogène ? « La recharge rapide des batteries électriques n’est pas encore à l’ordre du jour, cette technologie peine à évoluer, à s’améliorer. En revanche, un plein d’hydrogène se fait aussi vite qu’un plein d’essence. »

Mais Christophe Ricard ne veut pas s’arrêter là. GreenGT propose déjà des modèles civils, notamment pour de la mobilité lourde : des camions, des bateaux, des drones de chargement et de transport de marchandises… « Ces types de transports sont extrêmement polluants, remplacer ces moteurs thermiques par des moteurs électriques à hydrogène serait bénéfique pour la planète. » Le plus dur est à venir, intéresser les professionnels autant que le grand public à cette technologie. Il va sans dire qu’une première réussie en compétition aiderait à sa médiatisation.