24 heures du Mans: vivre sa passion sans piloter

fans Lorsque l'on est amateur de sports auto, on ne pratique pas sa passion aussi facilement que si l'on aime le foot...

Pierre Brun

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Un spectateur lors de l'édition 2016 des 24 Heures du Mans.
Un spectateur lors de l'édition 2016 des 24 Heures du Mans. — Kamil Zihnioglu/AP/Sipa

Tous les fans de football ont déjà tapé dans un ballon, même en l’envoyant en touche. Et les habitués des tribunes de Roland-Garros peuvent facilement trouver un court où faire quelques coups droits. Mais quel passionné des 24 Heures du Mans a souvent l’occasion de piloter un bolide, surtout sur le mythique circuit de la Sarthe?

Etre fan de sports automobiles et des 24 heures du Mans ne serait-il pas un peu frustrant? «Absolument pas», tranche François Bruère, qui a déjà eu «le privilège d’embarquer en tant que passager» sur le circuit du Mans, mais ajoute ne pas avoir «de plaisir particulier à rouler à des vitesses insensées». Et même qu’il lui a suffi «d’un demi-tour de piste» pour comprendre que jamais il ne souhaiterait se «mêler à la bande de fous furieux du circuit».

Beautés inaccessibles

Ce qui n’empêche pas du tout ce Sarthois, né un 18 juin, au moment de la course mythique, d’être tombé «très tôt dans la marmite» et d’avoir toujours cultivé sa passion. Au point d’être aujourd’hui devenu le peintre officiel des 24 heures du Mans! «Un joli trait de pinceau, c’est comme un joli coup de volant», glisse l’artiste qui expose partout dans le monde. François Bruère compose ses toiles en essayant «de comprendre les ombres et les lumières, de restituer la puissance et la vitesse de ces bijoux de technologie», qu’il aime appeler des «sculptures roulantes».

François Bruère à l'œuvre. Crédit : François Bruère.
François Bruère à l'œuvre. Crédit : François Bruère.

Thierry Coulibaly, 63 ans dont 50 passés au plus près de l’épreuve mythique sans rater une édition, vit lui aussi les 24 Heures à travers l’art: cet amoureux de la course et de photographie a publié l’ouvrage Passion 24 Heures du Mans. Et pour ce juriste de métier, «une partie de la passion des sports automobiles vient justement du fait que ces magnifiques voitures sont inaccessibles, sauf à une élite».

>>> Découvrez le reste de notre dossier «20 Minutes dans la roue des 24 heures du Mans»

François Bruère, le peintre, raconte s’être tout de même frotté au pilotage: «Je me suis inscrit une fois pour une épreuve avec une voiture des années 1930, en me disant que c’était pour le plaisir. Après quelques tours, l’adrénaline est montée, j’ai dépassé, j’ai pris des risques. Et là, j’ai fait une embardée et j’ai frôlé la mort.» De quoi se rendre compte pour de bon que le pilotage ne tentait pas François Bruère.

Thierry Coulibaly avec l'ancien pilote Jacky Ickx, légende du Mans. Crédit : Thierry Coulibaly.
Thierry Coulibaly avec l'ancien pilote Jacky Ickx, légende du Mans. Crédit : Thierry Coulibaly.

Quant à Thierry Coulibaly, il a bel et bien grandi avec le rêve de toucher du doigt cette élite, et il l’a fait: «J’ai piloté pendant 3 ou 4 ans, et j’ai été engagé une fois sur les 24 Heures en 1987, mais je n’ai finalement pas conduit pendant la course.» Depuis, devenu ami avec les plus grands pilotes, il vit sa passion «sans frustration, satisfait de toujours évoluer au plus près de ce monde». Heureux même car, dit-il, «je n’aurais jamais rêvé de vivre le dixième de ce que j’ai vécu au Mans».

Les jeux du cirque

Une satisfaction que l’on retrouve chez le peintre, qui ajoute d’ailleurs que ce qui l’anime, «c’est l’ambiance, l’émotion, la couleur. De plus, il n’y pas de course sans pilote, mais pas non plus sans ingénieur. Et surtout, sans public!» François Bruère se définit comme un observateur, ravi de «partager [sa] passion de ce festival de couleurs, de ces jeux du cirque!», conclut-il. On comprend mieux: lors des jeux des cirques, aucun passionné n’a envie de descendre dans l’arène.