Un simulateur ultra réaliste pour préparer les nouveaux pilotes au Mans

Formation Pour apprendre le règlement et le circuit, la formation sur simulateur est le passage obligatoire pour les nouveaux conducteurs de la course sarthoise...

Thierry Weber

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Sur simulateur, Timothé Buret voit la piste et les autres voitures comme pendant la course, et s'entraîne à faire face à toutes les conditions de courses possibles.
Sur simulateur, Timothé Buret voit la piste et les autres voitures comme pendant la course, et s'entraîne à faire face à toutes les conditions de courses possibles. — T. Weill/20 Minutes

Participer aux 24 Heures du Mans, ça ne s’improvise pas. Les jeunes pilotes qui n’ont jamais roulé sur le circuit de la course sarthoise doivent dédier une journée à faire des tests sur des simulateurs très poussés. En reproduisant le circuit et les conditions de course presque à l’identique, cet appareil permet aux nouveaux pilotes de se préparer pour le jour J.

C’est une étape obligatoire. D’après le règlement de l’Automobile club de l’Ouest (ACO) qui organise les 24 Heures du Mans, tous les pilotes qui n’ont jamais pris le départ de la course sarthoise sont tenus de suivre une formation sur simulateur, quel que soit leur niveau. Ainsi en 2014, même un Mark Webber, ancien pilote de Formule 1 ayant gagné 9 Grands Prix a dû se plier à cette règle. «La formation Le Mans se déroule sur une journée. On essaie de prendre deux pilotes par jour, et chacun va réaliser six ‘runs’ d’une demi-heure sur simulateur», explique Marion Dejoie, coordinatrice pour AO Tech, l’entreprise qui possède et exploite le simulateur.

Reproduire les conditions de course

L’objectif de ces journées, apprendre les spécificités des 24 Heures du Mans. «C’est une formation qui est vraiment axée sur la sécurité et la réglementation, ce sont les points sur lesquels l’ACO voulait appuyer, et non pas les performances et les réglages de la voiture», précise Marion Dejoie. Pendant que le pilote prend place sur le simulateur, machine gigantesque montée sur vérins, des ingénieurs de piste observent toute une batterie d’écrans pour analyser la conduite, définir les mouvements du simulateur, et définir la nature de l’exercice auquel est soumis le pilote. «Cela nous permet de lancer des safety cars par exemple, des drapeaux, ou de la pluie», explique Morgan Trollé, ingénieur de piste qui opère sur le simulateur.

Derrière leurs écrans, les ingénieurs de piste peuvent contrôler la simulation et analyser les performances du pilote.
Derrière leurs écrans, les ingénieurs de piste peuvent contrôler la simulation et analyser les performances du pilote. - © T. Weill/20 Minutes

Tout est fait pour mettre les conducteurs en condition de course. «Le simulateur est contrôlé par huit ordinateurs, et monté sur six vérins électroniques pour reproduire les sensations de conduite. Un vérin additionnel vient tirer sur les ceintures pour que les pilotes aient l’impression que les harnais les retiennent quand ils freinent», explique l’ingénieur de piste. Trois projecteurs servent également à diffuser les images sur un large écran incurvé. Le circuit y est reproduit à l’identique grâce au scan laser effectué par AO Tech et l’ACO, afin de «recréer toutes les bosses du circuit, la forme des vibreurs, tous les repères».

Grâce à cette technologie, les ingénieurs de piste peuvent également enregistrer des données sur la conduite en elle-même. «Ce n’est pas l’objectif de la formation Le Mans, mais on peut étudier la balance des freins, la vitesse, l’accélération. En un mot on peut voir où le pilote perd du temps et pourquoi, et lui expliquer comment s’améliorer», ajoute Morgan Trollé. Une aide non négligeable pour les pilotes, qui peuvent aussi apprendre à mieux gérer le trafic, et découvrir le circuit à cette occasion.

Les six vérins électroniques sur lesquels est monté le simulateur servent à reproduire les sensations de pilotage. Un septième vérin tire sur le harnais en cas de freinage.
Les six vérins électroniques sur lesquels est monté le simulateur servent à reproduire les sensations de pilotage. Un septième vérin tire sur le harnais en cas de freinage. - © T. Weill/20 Minutes

 

Un atout pour les pilotes

«Ce soir, si je ferme les yeux avant de me coucher et que je refais le tracé dans ma tête, je le connaîtrai. On ressent aussi les ‘G’ et quand on arrive dans l’aspiration d’une voiture on retrouve la même sensation qu’en vrai, c’est très réaliste», commente Timothé Buret, jeune pilote qui prendra part à la course sarthoise pour la première fois cette année.


L’un de ses coéquipiers n’est autre que le champion du monde de football 1998 Fabien Barthez. Même si l’ancien gardien de but a déjà disputé la course du Mans en 2014, en tant que pilote amateur, il a dû lui aussi suivre la formation puisqu’il n’a pas pris le départ de la compétition l’année dernière. Pour lui, «c’est très important cette séance, il y a énormément de choses à prendre en compte sur une piste aussi longue que celle du Mans. C’est une course qu’il faut prendre avec énormément d’humilité, et la  sécurité est primordiale».

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Bien sûr cette formation a un prix, 3500€ la journée par pilote. Une bagatelle lorsqu’on sait que le simulateur en lui-même coûte près d’un million d’euros, sans compter «l’argent que coûtent les modèles de pistes et les modèles de véhicules qui demandent beaucoup de temps à développer», d’après Morgan Trollé. Cette année, une quarantaine de pilotes se sont assis dans l’appareil. En 2015, ils étaient 61, et 48 en 2014. Une preuve supplémentaire que les 24 Heures du Mans continuent de séduire toujours plus de pilotes, quel que soit leur âge ou leur expérience.


 

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