Comment préparer une voiture à une course de 24 Heures

Entraînement Entre les phases de tests et les modifications, les solutions pour construire des bolides qui tiennent en endurance...

Thierry Weber

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Tout au long de la saison jusqu'au jour de la course, les teams des écuries font tout pour préparer les voitures à tenir pendant 24 Heures.
Tout au long de la saison jusqu'au jour de la course, les teams des écuries font tout pour préparer les voitures à tenir pendant 24 Heures. — David Vincent/AP/Sipa

Si vous essayez de conduire votre 206 pendant 24 Heures non-stop, vous risquez d’avoir un problème, surtout à 200km/h en moyenne. Pourtant lors des 24 Heures du Mans, les voitures tiennent le coup à des vitesses astronomiques. Les écuries nous ont dévoilé leurs secrets pour faire durer les bolides.

Lors du championnat du monde d’endurance, le WEC, toutes les performances doivent s’inscrire dans la durée. C’est encore plus valable au Mans puisque la mythique course qui s’y déroule est quatre fois plus longue que les autres. D’ailleurs, les écuries suivent des étapes préparatoires différentes en vue de cette épreuve.

«Vous voyez apparaître ou disparaître certains appendices de carrosseries par rapport aux véhicules des autres manches. Au Mans on roule avec les ailerons baissés pour avoir une faible charge aérodynamique. Résultat, la voiture est plus légère dans les virages», d’après Philippe Sinault, fondateur de l’écurie Signature et chef de l’équipe Signatech-Alpine qui concourt en catégorie Le Mans Prototype 2 (LMP2). Un véhicule plus léger souffrira moins pendant l’effort.

Tests de performance et d’endurance

Chez Porsche, vainqueur du Mans en 2015 dans la catégorie reine Le Mans Prototype 1 (LMP1), la durabilité de la voiture se retrouve dans chaque élément qui la constitue. «Nous dessinons les composants du corps de façon à ce qu’ils ne perdent par leurs propriétés, comme leur rigidité, tout au long de la course», évoque le responsable de l’équipe Porsche, Andreas Seidl.

Pour étudier ces données et ce que doivent endurer les automobiles, Porsche utilise un simulateur ultra-réaliste en plus des tests sur piste. «Nous commençons généralement avec des tests de performance pour exploiter au maximum le potentiel de la voiture. Nous nous concentrons ensuite sur les tests d’endurance qui permettent de prouver la durabilité des éléments», décrit le responsable de l’équipe Porsche.

Même sans le simulateur dernier cri de Porsche, l’équipe de Signatech-Alpines effectue aussi de nombreuses  «séances de roulage»  et «analyse ce qui se passe sur le circuit», des mots de Philippe Sinault. Tous ces tests peuvent avoir lieu de jour et de nuit pour correspondre au mieux aux conditions de la course.

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Cela permet aux équipes d’avoir «une parfaite connaissance des éléments du véhicule, leur fonctionnement, leur durée de vie», insiste le fondateur de Signature racing. «Il faut se préparer à faire face à tous les incidents qui peuvent arriver. Par exemple si nous avons un problème d’aileron, tout le bloc arrière sera déjà monté et prêt à être échangé sur la voiture.»

Préserver le moteur

Au niveau du moteur aussi, des précautions doivent être prises dès la fabrication. Chez Porsche, Andreas Seidl insiste sur l’attention particulière portée à la «puissance de sortie du moteur. Entre le jour et la nuit, la température ambiante va changer, et cela doit impacter le moteur le moins possible». Le but, éviter la surchauffe. Afin de préserver le moteur, le lubrifiant joue aussi un rôle clé, puisqu’il réduit les frictions entre les zones métalliques et améliore donc les performances.


«D’une manière générale, construire une voiture à partir de rien peut être fait en une semaine. Si l’on change la plupart des éléments autorisés par les règlements du championnat, cela nous prend deux jours»,  explique Andréas Seidl. Entre la mythique course sarthoise et les autres épreuves du championnat, des adaptations qui transforment le véhicule sont justement nécessaires.

Heureusement, avant les 24 Heures du Mans, deux semaines sont consacrées aux tests, dans le but de «valider tout ce qui a été fait en amont», précise Philippe Sinault. Une écurie consacre souvent autant de temps à préparer la voiture utilisée lors du grand jour manceau que celle qui roulera sur les huit autres circuits du championnat. Au final, il s’agit presque d’un autre véhicule sur la ligne de départ.

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