L’arrêt au stand: la petite compétition dans la grande course des 24 heures du Mans

AUTOMOBILE L’arrêt ravitaillement d’une voiture de course est le moment intense ou chaque geste minutieusement calculé peut impacter sur l’issue d’une compétition…

Mireille Fournaise

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Arrêt au stand de TDS Racing à la WEC SILVERSTONE en avril 2017.
Arrêt au stand de TDS Racing à la WEC SILVERSTONE en avril 2017. — Clément Martin

C’est un instant presque hypnotique dans une course automobile. Aux 24 Heures du Mans, un bolide a besoin d’être ravitaillé en carburant et de changer ses pneus toutes les 45-55 minutes. Parfois, il doit aussi effectuer des réparations ou alterner de pilote. Des aspects techniques pris en charge lors de l’arrêt au stand. Là, se joue une valse de mécaniciens surentraînés, qui doivent agir avec rapidité et précision. De quoi faire pâlir n’importe quel novice de la mécanique pour qui les subtilités du cric restent un mystère.

À la télévision, ils semblent agir avec une facilité déconcertante: le fruit d’un travail acharné. «L’équipe répète ces gestes quotidiennement, assure Xavier Combet, team manager de TDS Racing qui participe aux 24 Heures du Mans. Un coach sportif vient même les entraîner deux fois par semaine». Les onze mécaniciens ont chacun un rôle très précis qu’ils occuperont pendant  24 heures, sans être remplacés. Parmi eux, un responsable coordonne tout le ravitaillement. Armé d’un panneau, aussi appelé «sucette», il se tient devant la voiture et orchestre tout, de l’arrêt de la voiture à son départ.

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Une centaine de litres de carburants en 20 secondes

Première étape: remplir le bolide d’essence. En 20 secondes, un mécanicien déverse une centaine de litres de carburants dans le véhicule, sous le regard d’un second qui, extincteur à la main, se tient prêt à intervenir au cas où la moindre étincelle déclencherait un feu. Un autre gère manuellement l’ouverture et la fermeture de «la vanne de l’homme mort». «S’il fait le mort, qu’il ne fait rien, il ne se passe rien. C’est de là que vient son nom!», explique le manager en rigolant.

C’est ensuite au tour des techniciens chargés des roues d’intervenir. «Aux 24 Heures du Mans, ils ne sont que deux, c’est la règle», précise-t-il. Deux pour porter les quatre roues dont chaque jante pèse une vingtaine de kg. «Le faire en 15 secondes, est un des meilleurs temps». En moyenne, une intervention sans fausse note prend donc entre 35 et 45 secondes.

Guerre des chronos

Le temps est la priorité lors d’un arrêt au stand. «Chaque équipe a sa petite botte secrète pour tenter de gagner quelques dixièmes de seconde par-ci par-là. On se filme à chaque fois et on analyse les mouvements des techniciens pour optimiser par exemple leurs déplacements», confie-t-il. Une véritable guerre des chronos dont chaque team veut sortir victorieuse. «Pendant la semaine qui précède la course, les différentes équipes vont voir dans le box de leurs concurrents pour les filmer ou les chronométrer, raconte très sérieusement Xavier Combet. Elles sont curieuses de voir quelles sont leurs performances, s’ils n’ont pas une technique révolutionnaire…»

Si pour certaines courses l’équipe ayant réalisé les meilleurs temps à l’arrêt au stand est récompensée, aux 24 Heures du Mans, la seule gratification est de pouvoir faire gagner quelques secondes à son pilote sur la piste. Cumulées sur 24 heures, elles sont parfois décisives…