Et les riverains des 24 heures du Mans, que pensent-ils de la course?

Passion Les personnes qui habitent ou travaillent près du circuit doivent faire face à plusieurs difficultés, mais ils le vivent bien...

Thierry Weber

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Pour les riverains, les réalités de la course ne sont pas les mêmes que pour les spectateurs, mais ils ont une chose en commun: l'amour des voitures.
Pour les riverains, les réalités de la course ne sont pas les mêmes que pour les spectateurs, mais ils ont une chose en commun: l'amour des voitures. — Pixathlon/Sipa

Dans la préfecture de la Sarthe, on est élevé au son des voitures de course. Pour les manceaux, les 24 Heures du Mans deviennent vite une passion. Mais le sentiment restera-t-il le même pour les riverains du circuit? Après la 84ème édition cette année, nous leur avons parlé pour savoir ce qu’ils pensaient de la course, entre désagrément, bonnes affaires, et amour du sport.

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Certains habitants du Mans peuvent sourire d’entendre au loin le bruit des voitures, comme un murmure. Et quand on habite tout près du circuit, c’est pareil. «Le bruit des voitures au Mans dépend du vent, explique Jean-Jacques Thureau, président de l’union des riverains du circuit des 24 Heures du Mans qui habite non loin du virage d’Arnage. De toute façon ils respectent les normes décibels définies par un arrêté préfectoral.» Ils, c’est l’Automobile club de l’ouest (ACO), l’association qui organise la course.

Adrénaline et mauvaise circulation

Les relations constantes entre l’ACO et les associations de riverains permettent à chacun de vivre en bonne intelligence. «Le dialogue se passe très bien», confirme Jean-Jacques Thureau. Pour lui, la course, ce n’est donc que du bonheur. «J’admire toujours les prouesses technologiques et des pilotes. Ce qui me plait c’est l’adrénaline, 50 mètres avant la ligne d’arrivée tout peut changer», déclare ce passionné. Que du bonheur? Pas tout à fait.

«Depuis un ou deux ans des hélicoptères font le tour du circuit toutes les trois minutes.» Mais comme pour les voitures, l’autorisation départementale a été donnée, il n’y a rien à faire. Autre point qui pèche de l’avis du président d’association, la question de la circulation. «Il y a trois voies d’accès au circuit, soit 80.000 spectateurs par entrée.» Selon lui, il faudrait «qu’il y ait des parkings plus éloignés du circuit avec des navettes».

Des impacts économiques importants

Face à cette difficulté, les riverains et même les commerçants, nombreux sur la fameuse ligne droite des Hunaudières, trouvent quand même leurs comptes. «Bien sûr il y a certaines contraintes, mais dans mon cas, elles sont largement compensées par l’activité que j’ai sur le circuit», souligne Jean-Claude Leguy, secrétaire de l’association des entreprises riveraines du circuit des 24 Heures du Mans. Et pour cause, il dirige l’entreprise Maine loisir, qui vend, répare et loue des caravanes et camping cars, située sur les Hunaudières.


«Mon activité s’y prête particulièrement, je loue 150 véhicules sur le circuit. Mais les restaurants et bars de la ligne droite en profitent aussi. Il y a même une activité pour les particuliers qui louent leur maison ou des bouts de terrains», évoque Jean-Claude Leguy. «Nous sommes conscients des difficultés. Mais les habitants reconnaissent les impacts économiques qui ne sont plus à prouver», apprécie Ghislain Robert directeur du pole Le Mans resort de l’ACO, en charge des relations avec les habitants du circuit .

Pour que les riverains apprécient, encore faut-il que la course soit bonne. «Plus c’est intéressant sur le plan sportif, plus il y a de gens qui souhaitent venir», résume Jean-Claude Leguy. Cette année entre le retour de Ford et la bagarre entre Toyota et Porsche, ses affaires ont bien marché. Quant à lui, il a pu apprécier le spectacle avec toujours autant de plaisir.