Le public des 24 heures du Mans décrypté

Dramatis personae Ils sont tous unis par la voiture mais la vivent tous d'une manière différente...

Thierry Weber

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La foule s'est réunie sur le gridwalk avant le début de la course afin de pouvoir observer les voitures rangées en épis. Parmi eux, enfants fans et photographes étaient légion.
La foule s'est réunie sur le gridwalk avant le début de la course afin de pouvoir observer les voitures rangées en épis. Parmi eux, enfants fans et photographes étaient légion. — T. Weill/20 Minutes

Plus de 250.000 personnes sont venues assister aux 24 Heures du Mans en 2015. Cette année ils étaient 263.500. Certains viennent chaque année, alors que d’autres se rendaient sur le circuit du Mans pour la première fois de leur vie. Ils venaient déguisés, ils venaient faire la fête, ils venaient pour soutenir une écurie. Qui étaient les gens présents à cette 84ème édition de la plus célèbre course française? Nous les avons rencontrés.

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Des enfants munis de casques anti-bruit et de parents

Tout laisse à penser qu’il étaient là pour la première fois. Pourtant, certains comme Titouan, 10 ans, sont déjà des habitués des lieux. Lui et son père en sont à leur troisième édition. Souvent timide et peu bavard, l’enfant qui se rend aux 24 Heures du Mans vient avant tout, il faut bien le dire, pour regarder des voitures. C’est le cas d’Enzo par exemple, 11 ans, qui apprécie particulièrement «l’ambiance et les voitures», même s’il «ne soutien[t] pas une écurie en particulier». Un peu comme les grands quoi. En règle générale, le casque anti-bruit n'est jamais très loin des oreilles.

Des supporters munis d'accessoires de marques

Nombreux sont les membres du public qui viennent avant tout pour le spectacle. Voir une écurie gagner plutôt qu’une autre n’a pas toujours beaucoup d’importance à leurs yeux. Mais pour d’autres, c’est tout le contraire. Ils viennent soutenir une équipe et n’ont pas peur de le faire savoir, à grands coups de casquettes, vestes ou accessoires au nom de leur écurie favorite. A 48 ans, Olivier est l’un d'entre eux. «Je suis déjà venu une quinzaine de fois aux 24 Heures du Mans, et j’ai toujours soutenu l’équipe Porsche. Quand j’ai écrit ma thèse d’ingénieur c’était déjà sur eux», affirme-t-il fièrement sous la visière de sa casquette Porsche. C'est sans doute parmi les plus hardcore d'entre ces supporters que se trouvent les insomniaques qui regardent la course toute la nuit sans ciller. A côté, les nombreux spectateurs arborant une vieille casquette Michelin ou Motul élimée font pâle figure.

Des footeux munis d'un écran géant

Nous qui pensions trouver un répit au battage incessant autour du football, c’est raté. La faute à l’Automobile club de l’ouest (ACO), les organisateurs des 24 Heures du mans, qui proposent aux spectateurs de faire une pause devant une retransmission des matchs de l’Euro 2016 sur l'écran géant reproduisant habituellement des images de la course. Mais nous ne leur en voulons pas vraiment, et Jean-Sébastien encore moins. «On fait une pause, on a regardé les voitures pendant trois heures. On est surtout venus voir la course, mais à petite dose. Et comme on est fan de foot, ça tombe bien», sourit ce presque trentenaire. Un partout entre le foot et les voitures? Quand même pas, si les amateurs de foot sont là, c'est d'abord pour la course.

Des fêtards munis de verres d'alcool et d'accessoires ridicules

Ce sont probablement les plus faciles à repérer. La course oui, l’alcool, encore plus. Souvent grimés en père noël, super héros ou affublés d’une perruque, les fêtards ont bien compris que les 24 Heures du Mans étaient un festival et ils comptent bien en profiter. Certains arrivent à tenir toute la nuit, d’autres, comme Jason, cet anglais de 46 ans et ses amis boivent «beaucoup trop de bière et [finissent] par s’endormir». Pour les fêtards, bien sûr, le mieux reste «l’ambiance», mais aussi dans le cas de Jason, costumé chaque année, de «se balader et observer la tête des gens qui nous remarquent. C’est beaucoup trop drôle».

Des photographes amateurs munis d'objectifs de la taille d'un avant-bras

Ils sont amateurs parce qu’ils ne sont pas rémunérés pour leurs images prises au Mans. Mais certains d’entre eux sont mieux équipés que des professionnels. Un ou deux appareils autour du cou, des objectifs de la taille d’un avant-bras fixés dessus, ils se déplacent penchés en avant, courbés par le poids de leur matériel photo rangé dans leur sac à dos spécialisé. Nicolas, 40 ans, est «toujours à la recherche d’un autre spot», pour exercer son œil de photographe. Thierry lui, à 46 ans, «prend un peu de tout mais surtout des gros plans». Une chose est sûre pour ces mordus de l’image, les voitures passent avant tout.