Le circuit du Mans dans le viseur

Tracé Faire un tour de piste au Mans n'a rien à voir entre aujourd'hui et lors de la première édition en 1923...

Thierry Weber

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Comme beaucoup d'autres passages du circuit, le virage Dunlop est devenu iconique de la course.
Comme beaucoup d'autres passages du circuit, le virage Dunlop est devenu iconique de la course. — ACO/Sipa

Article mis à jour le 26 février 2018

Une époque est révolue. En 2018, le départ de la course des 24 Heures du Mans ne sera plus donné à l'endroit habituel, mais 145 mètres plus loin. La ligne d’arrivée, elle, ne bougera pas. D’après l’Automobile club de l’ouest (ACO) qui organise la course, le déplacement de la ligne de départ a pour objectif d’éviter «d’avoir des voitures dans les chicanes du raccordement au moment du coup d’envoi».

Comme si cela ne suffisait pas, le circuit, qui mesurait 13,629 km, a été raccourci de trois mètres, d’après la dernière mesure réalisée à l’occasion de changements sécuritaires sur les virages Porsche. Pourtant, tout cela ne signifie pas que le tracé a été modifié, comme c’est déjà arrivé douze fois depuis la première édition de la course en 1923. Le circuit mesurait alors 17,262 km! Aujourd'hui encore, il n'en demeure pas moins l’un des plus longs circuits d’endurance.

Une ligne droite trop longue

Les virages d’Arnage ou de Mulsanne contribuent aujourd’hui à la légende des 24 Heures du Mans. Avec une autre particularité, et non des moindres, la fameuse ligne droite des Hunaudières, une route départementale qui relie le reste du temps Le Mans à Tours.

C’est d’ailleurs elle qui connaît l’un des plus gros changements de l’histoire des 24 Heures. «En avril 1990, la Fédération internationale de l’automobile (FIA) décide qu’aucun circuit au monde ne pouvait avoir de ligne droite plus longue que 2 km», rappelle Nicolas Pelletier, guide du service patrimoine de l’ACO. Problème, à l’époque, la plus célèbre ligne droite du circuit mesurait environ 5,6 km. «Il a fallu être très réactif, et acquérir des terrains autour de cette route, afin de construire les deux chicanes», raconte Nicolas Pelletier.

D’après le guide, la décision a été prise à la suite d'une performance assez particulière. «En 1988, Roger Dorchy a établi le record de la plus grande vitesse sur la course avec un moteur Peugeot. La vitesse retenue est de 405 km/h à la demande de la marque qui sortait un nouveau modèle cette année-là, la 405. Mais en réalité il allait encore plus vite, à 416 km/h.» La construction des deux chicanes servira donc à réduire les vitesses hallucinantes qu’atteignaient déjà les voitures de l’époque.

Les virages Ford «grandioses»

Sur les douze tracés plus ou moins différents qu’a connus le circuit des 24 Heures du Mans, Nicolas Pelletier insiste sur une autre modification. «Les organisateurs avaient envisagé en 1972 de rendre tout le circuit autonome. Cela a été fait partiellement, et à cette époque a été créée la nouvelle zone Maison Blanche», qui va des virages Porsche à l’entrée des chicanes Ford.

Pour beaucoup de pilotes, les virages Porsche constituent d’ailleurs la partie la plus intéressante du circuit. «C’est grandiose, unique au monde cette succession de virage. Il n’y a aucune marge, c’est vraiment l’endroit couillu du circuit puisqu’à chaque tour il faut réfléchir à la meilleure manière de le prendre. C’est fantastique!», s’enthousiasme Nicolas Minassian, qui a roulé 17 fois au Mans, et a rejoint l’écurie LMP2 Idec Sport en tant que directeur sportif et opérationnel en fin d’année 2017.

Plus de sécurité dans les virages Porsche

«Si vous écoutez les pilotes, c’est la partie la plus technique, dans laquelle il font le plus la différence. Ce sont des virages très rapides», confirme Vincent Beaumesnil, directeur sport de l’ACO. Seulement, ils l’étaient peut-être un peu trop. «C’était un goulet entre deux murs. A la moindre faute, les accidents étaient très importants. Il a été décidé avec la Fédération qu’il fallait sécuriser cette zone», indique le directeur sport.

Et ce sera chose faite pour l’édition 2018 de la course, après quatre années de travaux, à raison d’un an par virage. «Il y a quatre ans, nous avons reculé la safer barrier», rappelle Vincent Beaumesnil. Ont suivi des modifications similaires sur le second virage puis un «dégagement sur le dernier virage», effectué en décembre dernier. Au printemps 2018, un autre dégagement sera aménagé sur le troisième virage.

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Dans les faits, cela signifie que «vous faites reculer le mur de 30 à 50 m par endroit. En première partie, il y a désormais une zone asphaltée qui permet de ralentir plus vite une voiture et, dans la partie secondaire, il y a un bac à gravier», décrit le directeur sport. On ignore encore si les pilotes apprécieront les changements, mais les équipes de sécurité sûrement.

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