Combien coûte une voiture de course?

Décryptage Pièce par pièce (ou presque) voici le détail du prix d'une voiture des 24 Heures du Mans...

Thierry Weber/Pierre Brun

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Les voitures de catégorie LMP1 sous soumises à des restrictions dans les essais et le développement, tandis que les LMP2 ne peuvent pas dépasser un prix maximum.
Les voitures de catégorie LMP1 sous soumises à des restrictions dans les essais et le développement, tandis que les LMP2 ne peuvent pas dépasser un prix maximum. — D. Vincent/AP/Sipa

Article mis à jour le 28 février 2018

483.000€ (contre 463.500€ en 2016). Voilà la somme d’argent maximale que les constructeurs automobiles peuvent dépenser pour construire une voiture capable d’être performante aux 24 Heures du Mans. Et encore, cette règle ne concerne qu’une seule catégorie, les Le Mans Prototype 2 (LMP2). Que cache cette limite qui paraît bien abstraite?

Pourquoi une telle limite pour les LMP2? «La vocation stratégique de cette catégorie est d’être dédiée aux écuries privées. L’idée est de mettre en avant les résultats du team et des pilotes, pas des constructeurs», explique Vincent Beaumesnil, directeur sport de l’Automobile club de l’ouest (ACO), association organisatrice de la course qui édicte le règlement du Championnat du monde d’endurance (WEC). C’est pourquoi des constructeurs comme Onroak Automotive vendent des voitures aux écuries, mais ne les exploitent pas eux-mêmes comme c’est le cas dans la Catégorie reine, LMP1.

Une contrainte positive

D’ailleurs les constructeurs en LMP2 voient la réglementation de l’ACO d’un œil plutôt positif. «C’est sûr que c’est une contrainte, c’est un challenge, admet Sébastien Metz, directeur du pôle Le Mans pour Onroak Automotive. Mais il y a un côté positif, ça nous permet de limiter nos frais techniques.»

En tant que directeur du pôle Le Mans, il est en charge de la construction et du développement des LMP2. D’après lui, les parties du véhicule les plus chères sont «les éléments de direction, de freinage et de transmission comme la boîte de vitesses», pour 190.000€; «le châssis train avant et train arrière», pour 185.000€ environ. Viennent ensuite «tout ce qui est carrosserie aérodynamique» (145.000€) et «le poste électronique, les commandes et tout ce qui se trouve dans le cockpit» (55.000€). Petite précision tout de même, ces montants correspondent aux prix en pièces détachées, vendues plus chères.

A l’inverse des LMP2, la catégorie reine LMP1 n’a pas de limite budgétaire. «C’est clairement une catégorie de constructeurs, et le développement technologique fait partie de la construction», analyse Vincent Beaumesnil. Pas de prix maximum, mais «des mesures pour limiter les coûts. Par exemples, ils ont un maximum d’essais autorisés par an, ou un nombre d’heures de soufflerie où ils peuvent tester les solutions aérodynamiques», précise le directeur sport de l’ACO.

Des mesures qui ne s’appliquent désormais plus qu’à Toyota, seul constructeur encore en lice en LMP1 après le retrait d’Audi et de Porsche. Les équipes privées (Rebellion, Ginetta, SMP Racing et ByKolles) engagées face à la firme japonaise dans la même catégorie en 2018 n’y sont pas soumises. «On sait très bien qu’ils n’auront pas les moyens de s’offrir les essais en soufflerie, justifie Vincent Beaumesnil. C’était trop contraignant de les enfermer dans un cadre réglementaire, on a besoin de les aider à développer la voiture et à atteindre un bon niveau.»

Les équipements supplémentaires

Pour les constructeurs qui ont ou avaient encore récemment des voitures en LMP1, Toyota, Audi et Porsche, le prix d’un véhicule c’est secret défense nous explique-t-on, un peu surpris par l’interrogation. Mais quelle que soit la catégorie, avoir le véhicule ne suffit pas. D’autres équipements viennent s’ajouter au coût de la voiture. C’est là que la société Techno plus automobile rentre en jeu. Spécialisée dans la distribution d’articles pour la compétition automobile, l’entreprise commercialise notamment les harnais, «qu’on vend de 105€ pour le premier prix à 600€ pour les modèles en titane» rapporte le directeur Bernard Sabbe, et les batteries «soit au plomb, assez lourd mais très fiable, soit en lithium», pour une fourchette de 250 à 800€.

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Reste aussi à acheter les baquets, c’est-à-dire les sièges spéciaux où s’assoient les pilotes, qui coûtent autour de 6.000€. Ces derniers sont souvent déjà inclus dans le prix du véhicule, comme c’est le cas avec Onroak Automotive qui le fournit. Enfin, qui dit voiture de course dit aussi équipement du conducteur, et notamment le casque qui peut aller jusqu’à 5.000€. Eh oui, une voiture ne suffit pas. Celui qui prendra le volant doit être bien installé et surtout bien protégé.

Investissement lourd, la construction d’une voiture de course peut prendre jusqu’à un an et demi «entre le design et la mise en production de la première voiture de développement», rapporte Sébastien Metz. Si vous voulez vous lancer dans la construction, gagnez d’abord au loto!

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