Qu’est-ce qu’un prototype de voiture de course?

Innovation Les prototypes sont les véhicules les plus puissants des 24 Heures du Mans grâce à leurs innovations...

Thierry Weber

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Le prototype pescarolo est principalement utilisé pour les stages de conduite de l'école Le Mans driver. Il en existe cependant une version qui roule au championnat VdeV.
Le prototype pescarolo est principalement utilisé pour les stages de conduite de l'école Le Mans driver. Il en existe cependant une version qui roule au championnat VdeV. — T. Weill/20 Minutes

Aux 24 Heures du Mans, deux catégories d’automobiles concourent sous les tonnerres d’applaudissements et dans les grondements des moteurs. Les Le Mans prototype (LMP 1 et 2), ainsi que les Grand tourisme (GT, pro et amateur). L’objectif de beaucoup de pilotes est un jour de se retrouver au volant d’une LM P1, catégorie reine et la plus puissante, sur la ligne de départ des 24 Heures du Mans. Mais c’est quoi au juste un proto?

«C’est une auto de course à mi-chemin entre la monoplace (une formule 1 par exemple, ndlr) et la GT», avance Julien Poncelet, instructeur à l’école de pilotage Le Mans driver. Pesant autour de 900kg minimum, elle est souvent plus puissante qu’une GT. «On arrive à plus de 1.000 chevaux, ça commence à faire beaucoup», décrit encore Julien Poncelet.

Dès 1925

C’est au Mans que les protos trouvent leur origine. «Très vite, les constructeurs ont construit des voitures qui ressemblaient plus à des prototypes. L’un des premiers était le 'tank' Chenard et Walcker (premier constructeur vainqueur aux 24 Heures du Mans en 1923, ndlr) de 1927, qui ressemblait plus à un engin de guerre qu’à une voiture de série», rappelle Nicolas Pelletier, guide du service patrimoine de l’Automobile club de l’Ouest (ACO).

Les prototypes sont d’ailleurs rapidement autorisés à participer à la célèbre course Sarthoise, dès 1925. Très tôt, il s’agit des véhicules pour lesquels sont pensées les innovations qui jalonnent l’histoire de la course d’endurance... Les freins à disque sur Jaguar en 1953 ou plus récemment des nombreux moteurs hybrides, qui utilisent plusieurs sources d’énergie pour gagner de la vitesse et moins polluer.

«Conçu par des ingénieurs»

D’ailleurs, Renaldo Da Cunha, instructeur et pilote en championnat VdeV, du nom de son organisateur Eric Van de Vyver, confirme le lien entre prototype et innovation. «C’est un véhicule qui n’est pas issu de la série, il est conçu par des ingénieurs, affirme-t-il. Un proto peut servir de vitrine, un outil pour développer des technologies qui apparaîtront sur les autres types de véhicules, notamment de série.»

Une fois encore, l’exemple de l’hybride prime. Pour Christophe Tinseau, l’un des premiers pilotes à avoir conduit une auto équipée de ce type de moteur au Mans, «l’hybride pour l’instant c’est réservé aux LM P1, mais c’est dans un soucis de le mettre dans une voiture de tourisme. Porsche le fait déjà sur le Panamera et le Cayenne, et dans cinq ou six ans la technologie arrivera aussi sur la 911.»

C’est pourquoi beaucoup de jeunes pilotes rêvent d’évoluer en LM P1. «En termes de performances et d’aérodynamiques, ce sont les autos les plus évoluées», résume Julien Poncelet. Et Renaldo Da Cunha de confirmer «Ce qu’on voit sur des LM P1 est toujours extrêmement pointu, très poussé.» Mais avant de retrouver les technologies des prototypes dans notre Clio, il faudra se contenter de les observer dévaler l’asphalte lors des courses d’endurance.

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